Burç Eruygur
09 Février 2024•Mise à jour: 10 Février 2024
AA / Istanbul / Burc Eruygur
Le président russe Vladimir Poutine a déclaré qu'un changement de président aux Etats-Unis ne changera pas l'attitude des élites américaines à l'égard de son pays.
"Vous m'avez demandé tout à l'heure : est-ce qu'un autre dirigeant va venir et changer quelque chose ? Il ne s'agit pas de la personnalité du dirigeant, mais de l'état d'esprit des élites", a déclaré Vladimir Poutine lors d'un entretien avec l'ancien animateur de Fox New, Tucker Carlson, à Moscou, diffusé jeudi en fin de journée,
Soulignant qu'il est "impossible" de vaincre la Russie sur le champ de bataille, Poutine a déclaré qu'il n'avait rien à dire au président américain Joe Biden en raison de la fourniture d'armes par Washington à l'Ukraine et que la dernière fois qu'il s'était entretenu avec Biden, c'était avant le début de la guerre entre la Russie et l'Ukraine.
"Je lui avais dit à l'époque - je n'entrerai pas dans les détails, je ne le fais jamais - mais je lui avais dit à l'époque : "Je pense que vous êtes en train de commettre une erreur historique en soutenant tout ce qui se passe en Ukraine, en repoussant la Russie", a-t-il déclaré.
Vladimir Poutine a affirmé que la Russie était prête à trouver une solution au problème de la détention du journaliste du Wall Street Journal (WSJ), Evan Gershkovich, mais qu'il y avait "certaines conditions" actuellement discutées entre les services de renseignement, par l'intermédiaire de "canaux partenaires".
"Il me semble que l'on peut se mettre d'accord sur ce point", a-t-il déclaré.
Il a également déclaré que ce qu'a fait Evan Gershkovich pendant son séjour en Russie relevait de l'"espionnage", car il s'est avéré qu'il avait "reçu des informations secrètes sur une base secrète" et qu'il a été pris "la main dans le sac".
Gershkovich, ressortissant américain qui travaillait comme reporter au bureau moscovite du WSJ, a été arrêté par le Service fédéral de sécurité russe (FSB) dans la ville d'Ekaterinbourg, en mars de l'année dernière, pour des accusations d'espionnage.
** La Russie et l'Ukraine parviendront "tôt ou tard" à un accord
Vladimir Poutine a également commenté la situation en Ukraine, affirmant que Moscou et Kiev parviendraient "tôt ou tard" à un accord, réaffirmant que la Russie "n'a jamais refusé les négociations".
"Tôt ou tard, nous parviendrons de toute façon à un accord. Et vous savez quoi ? Cela peut paraître étrange dans la situation actuelle, mais les relations entre les peuples seront de toute façon rétablies. Cela prendra beaucoup de temps, mais elles seront rétablies", a-t-il déclaré.
Affirmant que ce qui se passe sur les lignes de front entre les forces russes et ukrainiennes est, dans une certaine mesure, un "élément de guerre civile", Poutine a fait remarquer que tout le monde en Occident pense que les combats en Ukraine ont à jamais séparé une partie du peuple russe d'une autre, mais "la réunification se produira".
Le président russe a également qualifié l'Ukraine de "satellite" des États-Unis et d'"État artificiel" créé par l'Union soviétique. Il a déclaré que les dirigeants ukrainiens refusaient de négocier avec la Russie sur la base d'"instructions de Washington" et que le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'était interdit légalement de dialoguer avec la Russie.
"Il a signé un décret interdisant à tout le monde de négocier avec la Russie. Mais comment pourrions-nous négocier s'il se l'interdit lui-même et qu'il l'interdit à tout le Monde", a-t-il déclaré.
Et. Poutine d'ajouter que les États-Unis doivent cesser de fournir des armes à l'Ukraine s'ils veulent mettre fin au conflit, affirmant que cela "mettra fin à tout en l'espace de quelques semaines".
Le président russe a souligné que Moscou n'avait aucune revendication territoriale à l'égard de la Pologne, de la Lettonie ou de tout autre pays, tout en n'excluant pas une réaction à une éventuelle attaque lancée par Varsovie.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj