Feiza Ben Mohamed
24 Mai 2023•Mise à jour: 24 Mai 2023
AA/Nice/Feïza Ben Mohamed
La cheffe de file des députés RN (Rassemblement National), Marine Le Pen a accusé, mercredi au cours de son audition par la commission d’enquête parlementaire sur les ingérences étrangères, le président français Emmanuel Macron de s’être livré à « la diffamation et la calomnie » dans l’affaire dite du « prêt russe ».
L’ancienne présidente du RN était enjointe, de s’expliquer sur un prêt de 9 millions d’euros, contracté en 2014 auprès d'une banque privée russe.
« Ces accusations ont été proférées par quelqu'un qui à mon sens n'avait pas la possibilité de le faire moralement: le président. Un candidat à la présidentielle doit toujours éviter de tomber dans la diffamation et la calomnie de ses adversaires politiques », a-t-elle déclaré face à la commission en pointant des propos d’Emmanuel Macron au cours de la dernière élection présidentielle.
Le chef de l’Etat alors en campagne pour sa réélection, avait accusé Marine Le Pen de « parler avec (son) banquier » quand elle parle « de la Russie », allant jusqu’à affirmer qu’elle dépendait « du pouvoir russe et (…) de monsieur Poutine ».
Face à la commission d’enquête, la députée a assuré que « si cela (l’avait) engagée à quoi que ce soit » elle n’aurait « pas signé » ce prêt controversé.
« Il n'y a rien de plus infamant pour une patriote que de se voir suspectée d'être influencée par une Nation étrangère », s’est-elle insurgée, jurant d’avoir signé « un prêt avec une banque » et « pas un prêt avec Vladimir Poutine ».
Si Marine Le Pen a naturellement reconnu avoir sollicité un « prêt parfaitement légal » et « parfaitement vérifié » suite aux difficultés rencontrées en France pour en obtenir un, elle a ainsi rejeté en bloc les accusations d’ingérence russe.
À noter que cette commission d’enquête parlementaire a été demandée fin 2022 par le RN lui-même, pour tenter d’éteindre la polémique en permettant à la cheffe de groupe des députés, de s’expliquer en détail.