Lassaad Ben Ahmed
06 Décembre 2017•Mise à jour: 07 Décembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Le nombre des personnes déplacées suite aux conflits dépasse les 4 millions en République démocratique du Congo, a révélé mercredi un nouveau rapport du Centre de surveillance des déplacements internes (IDMC) dans un nouveau rapport, dont Anadolu a reçu une copie.
Avec un nombre si élevé, le niveau de déplacement des personnes suite à des conflit en RDC dépasse celui enregistré en Syrie, au Yemen et en Irak, a révélé le rapport.
La RDC fait face à une "méga crise", s’est inquiétée la directrice en RDC du Conseil norvégien des réfugiés (NRC) Ulrika Blom, dans un communiqué publié mercredi, affirmant que l'échelle des personnes fuyant la violence en RDC "est au-dessus des limites".
"Nulle part ailleurs autant de personnes n’ont été forcées à fuir au cours des six premiers mois de cette année qu’en RDC", a déclaré Blom, commentant le rapport du Centre de surveillance des déplacements internes (IDMC).
Plus de 1,7 million de Congolais ont fui leur maison cette année, à cause de l'insécurité, soit en moyenne 5 500 déplacés par Jour, selon la même source.
"Les communautés en RDC sont en train d’être doublement bousculées par un conflit brutal et une crise politique qui s'aggrave", a ajouté Blom.
Les raisons principales de l'augmentation de ces déplacements sont consécutives à de "nouveaux conflits armés" et une "augmentation du conflit existant dans les zones volatiles", selon le rapport qui souligne notamment les "retards enregistrés" dans la tenue de l’élection présidentielle, comme "une partie des raisons de la recrudescence de la violence" dans ce géant pays au cœur de l’Afrique.
L’épicentre de la violence dans le pays, est actuellement concentré dans les provinces de l’Est, du Centre et du Sud-est, où ces violences ont privé beaucoup de familles de l’accès au champ et du maintien des moyens de subsistances, renseigne le document d’une cinquantaine de pages.
En octobre dernier, l’ONU avait activé sa plus haute urgence pour la RDC mais "peu d'argent ou de ressources sont arrivés en réponse à la crise. Aujourd'hui, le Congo est le deuxième pays le moins financé des plus grandes crises au monde", a regretté la cheffe de NRC.
Et d’avertir : "Si nous ne parvenons pas à lever des fonds maintenant, une faim massive se répandra et les gens mourront. Nous sommes dans une course contre la montre".
La communauté humanitaire avait sollicité 812 millions de dollars américains pour aider 8,5 millions de personnes, mais seul moins de la moitié ont été reçus, selon l’ONU qui s’inquiétait de la famine qui menace quelque 7,7 millions de personnes en RDC - pays riche en minerais et peuplé d’au moins 80 millions d’habitants.