Mona Saanouni
14 Février 2019•Mise à jour: 15 Février 2019
AA/Sotchi (Russie)
Le président iranien, Hasan Rohani, a appelé, jeudi, à donner de l'importance à la sécurité de la Turquie.
Le président iranien s'exprimait lors d'une conférence de presse conjointe tenue avec ses homologues turc, Recep Tayyip Erdogan, et russe Vladimir Poutine, au terme du sommet tripartite de Sotchi sur la Syrie.
Rohani a affirmé que "la Turquie a raison quant à ses préoccupations sécuritaires soulignant que le terrorisme constitue une menace pour la région".
"Nous devons accorder de l'importance à la sécurité de la Turquie", a-t-il ajouté.
Il a indiqué que "l'objectif commun des trois pays est de lutter contre le terrorisme et d'instaurer la paix en Syrie".
Le président iranien a noté qu'il faut chasser les terroristes d'Idleb.
Il a appelé à "soumettre tout le territoire syrien à la souveraineté de Damas".
Rohani a, par ailleurs, souligné que "les Etats-Unis poursuivront leur ingérence en Syrie même après le retrait de leurs troupes".
Le président iranien a également déclaré: "Nous ne sommes pas optimistes quant au retrait (attendu) des États-Unis de Syrie. Et si cela arrive, nous serons heureux".
"Les Etats-Unis ne savent pas ce qu'ils veulent faire", a-t-il ajouté.
Il a expliqué que "les Etats-Unis pourraient poursuivre leurs frappes aériennes en Syrie même après leur retrait".
"Les Etats-Unis transfèrent des éléments de Daech vers l'Afghanistan. Cela peut constituer une menace pour l'Asie centrale et d'autres régions", a-t-il martelé.
Il a fait savoir qu'il a souligné avec ses homologues turc et russe, lors du sommet de Sotchi, l'importance de l'intégrité territoriale de la Syrie.
"Les trois Etats garants poursuivront leurs efforts afin d'atténuer les affrontements et instaurer la stabilité en Syrie", a-t-il affirmé.
Rohani a accusé Israël de soutenir des organisations terroristes en Syrie sans les nommer.
Il a exprimé le soutien de Téhéran à un accord turco-russe signé par les deux parties l'an dernier sur Idleb.
"Nous avons soutenu cet accord afin de prévenir une crise humanitaire en Syrie en tant qu'acteurs du processus d'Astana", a déclaré Rohani.
"Cependant, la mise en œuvre de cet accord doit être étudiée à la lumière des derniers développements. Les terroristes d'al-Nousrah (Hayat Tahrir al-Cham) contrôlent 40% de la région (Idleb) lorsque cet accord avait été conclu, et à ce jour, ils n'ont pas quitté les zones civiles et ils contrôlent désormais 90% d'Idleb", a-t-il martelé.
Il a considéré que les terroristes d'al-Nousrah "ne peuvent pas se priver de prendre pour cible le gouvernement de Damas, en changeant le nom (de leur organisation) et en s'immisçant parmi les civils.
"L'accord d'Adana entre les deux pays, la Turquie et la Syrie, signé en 1998 et soutenu par l'Iran, peut dissiper les craintes des deux côtés", a-t-il déclaré.
Rohani a indiqué que l'Iran est prêt à jouer le rôle de médiateur entre la Turquie et la Syrie en coopération avec la Russie.
"Nous pensons que toute mesure prise sans l'approbation du gouvernement syrien compliquera davantage la crise dans le pays", a-t-il poursuivi.
Rohani a expliqué que la Syrie a besoin de tous pour sa reconstruction.