Meher Hajbi
22 Octobre 2020•Mise à jour: 23 Octobre 2020
AA / Khartoum
La police soudanaise a annoncé, jeudi à l'aube, qu'un civil est décédé des suites d'une blessure mortelle, lors des manifestations ayant eu lieu mercredi dans la capitale Khartoum.
Dans un communiqué rendu public, dont Anadolu Agency a eu une copie, la police a souligné que les agents de sécurité ont œuvré à sécuriser les sites vitaux, alors que la situation a dégénéré.
“Des tentatives de destruction ont été signalées et les forces de police ont traité la situation dans le respect des lois, sous la supervision du ministère public sur le terrain”, rapporte le communiqué.
La police soudanaise a également fait savoir qu’un civil du Nil oriental est décédé des suites d’une blessure mortelle, affirmant qu’une enquête a été ouverte pour déterminer la responsabilité et les circonstances de l'incident.
Les autorités sécuritaires soudanaises assurent avoir rempli leur devoir de protéger le droit légitime d'expression des citoyens conformément à leur fonction constitutionnelle et juridique.
En effet, le Comité central des médecins soudanais (non gouvernemental) avait révélé, mercredi, qu'un citoyen a été tué, tandis que 14 individus ont été blessés lors des manifestations populaires dans la capitale, Khartoum.
Le Comité central des médecins soudanais a indiqué, via un communiqué rendu public, que “les forces de l’ordre ont fait usage excessif de la force, faisant un mort, le martyr Muhammad Abdel Majid”.
Mardi, les autorités soudanaises avaient approuvé la fermeture des ponts et les ports de la capitale, Khartoum, en prévision des marches populaires à l'occasion du 56e anniversaire du premier soulèvement contre le régime militaire dans le pays. Une décision largement contestée par l'Association des professionnels soudanais à l’origine de ce mouvement pour la réforme et le changement.
Le Soudan traverse une nouvelle crise et la pénurie menace plusieurs produits dont le pain, la farine, les produits énergétiques… Outre le taux de change élevé du dollar contre la livre sur le marché noir.
Le 21 août 2019, le Soudan a entamé une période de transition qui durerait 39 mois, au cours de laquelle le pouvoir est partagé entre l'armée et l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance du mouvement de protestation.
*Traduit de l'arabe par Meher Hajbi