Ekip
16 Février 2022•Mise à jour: 18 Février 2022
AA / Bruxelles / Agnes Szucs
L'OTAN suit de près la situation à la frontière ukrainienne, mais elle n'a encore vu aucun signe de désescalade de la part de la Russie, a déclaré, mercredi, le Secrétaire général de l'Alliance.
L'OTAN entend la Russie affirmer son intention de poursuivre les pourparlers "mais jusqu'à présent, nous n'avons constaté aucune désescalade sur le terrain", a déclaré le Secrétaire général Jens Stoltenberg aux journalistes avant de se rendre à la réunion des ministres de la Défense de l'OTAN.
"Au contraire, il semble que la Russie poursuive son déploiement militaire et nous n'avons reçu aucune réponse à un document écrit ou à des propositions écrites que nous avons envoyés à la Russie le 26 janvier", a-t-il ajouté.
"Ce que nous voulons voir, c'est un véritable retrait des forces, qui soit durable et réel, et non pas un déplacement des troupes. Mais encore une fois, nous sommes attentifs, nous espérons vraiment qu'ils retireront leurs forces, et ce sera la meilleure contribution à une solution politique", a expliqué Stoltenberg.
Et de préciser que les équipements lourds et les dispositifs de soutien au combat devraient également être retirés de la zone frontalière en vue du "véritable retrait", les troupes pouvant être redéployées "très facilement et rapidement".
Mardi, la Russie a annoncé que certaines de ses troupes dans les districts militaires de l'ouest et du sud avaient commencé à regagner leurs garnisons après des exercices militaires.
Stoltenberg a également fait référence au document dans lequel l'OTAN a rejeté les demandes russes de retrait des troupes et des armes d'Europe orientale et de suspension de l'intégration de l'Ukraine au sein de l'OTAN, et a invité la Russie à poursuivre les pourparlers sur la maîtrise des armements et la transparence militaire dans le cadre du Conseil OTAN-Russie.
Dans une lettre adressée la semaine dernière au ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, Jens Stoltenberg a réitéré l'invitation à la reprise des négociations.
Le Secrétaire général de l'OTAN a exprimé l'espoir que la Russie opte pour la diplomatie plutôt que pour le conflit, et a souligné que l'OTAN restait "prête à discuter pour trouver une solution politique."
Au cours de leur réunion de deux jours, les ministres de la Défense de l'OTAN examineront des plans visant à renforcer le flanc sud-est de l'Alliance, prévoyant notamment le déploiement d'un groupe de combat en Roumanie et de cuirassés dans la région de la mer Noire.
Les ministres de l’Alliance auront également des entretiens avec leurs homologues ukrainiens et géorgiens, ainsi qu'avec des représentants de l'Union européenne, de la Finlande et de la Suède.
La Russie a commencé dès 2014 à soutenir les forces séparatistes de l'est de l'Ukraine contre le gouvernement central, une politique qu'elle poursuit depuis sept ans.
Mardi, la Douma d'État russe, la chambre basse du Parlement, a voté en faveur de la reconnaissance des régions séparatistes ukrainiennes de Donetsk et de Louhansk en tant qu'États indépendants.
Les États-Unis, avec leurs alliés européens, avertissent depuis novembre dernier que la Russie se prépare à une agression contre l'Ukraine après le déploiement de plus de 100 000 soldats ainsi que des équipements lourds le long de sa frontière avec l’ancienne république soviétique.
La Russie a nié se préparer à une invasion et a accusé les pays occidentaux de porter atteinte à sa sécurité en raison de l'élargissement de l'OTAN vers ses frontières
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj