AA/Bangkok (Thaïlande)
Le chef de la junte thaïlandaise et Premier ministre cherche à s’assurer l’usage du «pouvoir absolu» mis à sa disposition par un article de la Constitution intérimaire en affirmant vouloir «diriger de manière constructive et avec modération».
« Je n’utiliserai pas l’Article 44 pour persécuter ou menace qui que ce soit. Il sera invoqué parce qu’il y aura un besoin» a déclaré le General Prayuth Chan-ocha, cité par le quotidien thaïlandais de langue anglaise, The Nation.
Durant le mois dernier, Chan-ocha a menacé les journalistes, qui «causent des divisions», et critiqué les «accros» aux séries télévisées en leur conseillant plutôt de regarder son propre programme hebdomadaire d’une heure à la télévision.
Mardi, des médias locaux ont rapporté les avertissements de nombreux activistes des droits de l’Homme, d’experts juridiques, d’hommes politiques concernant le danger d’une dictature en Thaïlande.
Vendredi dernier, le chef des armées, venu au pouvoir par un coup d’Etat en mai 2014, a déclaré aux journalistes qu’il avait l’intention de bientôt lever la loi martiale imposée au pays depuis le 22 mai dernier.
En remplacement, le général compte recourir à l’Article 44 de la Constitution intérimaire qui lui donne, en tant que leader de la junte militaire, «les pouvoirs de donner tout ordre d’interrompre ou de supprimer tout acte qui déstabilise la paix et l’ordre public, la sécurité nationale, la monarchie, l’économie nationale ou l’administration des affaires de l’Etat ».
Ces ordres sont considérés légaux et priment sur toute décision des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.