Adel Bin Ibrahim Bin Elhady Elthabti
07 Septembre 2022•Mise à jour: 08 Septembre 2022
AA / Tunisie / Adel Thebti
Le Front de Salut National tunisien a annoncé, mercredi, son intention de boycotter les élections législatives prévues en décembre prochain, qualifiant l'instance chargée de les encadrer d'"impartiale".
Le leader du Front, Ahmed Nejib Chebbi, a déclaré lors d'une conférence de presse tenue dans la capitale, Tunis, que "les élections se dérouleront sous la supervision d'un organe dont l'impartialité a été démontrée, qui s'est montré particulièrement dévoué au pouvoir (...) et qui ne peut donc pas prétendre avoir la confiance des Tunisiens."
Chebbi a ajouté que "la participation sera décorative (formelle), et le peuple tunisien a déjà connu cela."
"Pour toutes ces raisons, le Front de Salut National a décidé de ne pas participer à ce feuilleton putschiste et de résister aux institutions qui permettent sa mise en œuvre", a-t-il souligné.
Et de poursuivre : "Le Front de Salut National préconise la tenue d'élections anticipées conformément à la Constitution de 2014, sous la supervision d'une Instance Supérieure Indépendante pour les Élections qui puisse avoir la confiance de toutes les parties."
"Nous tendons la main à toutes les forces nationales (...) pour convenir d'un gouvernement de salut national qui fera face à la crise sociale", a encore déclaré Chebbi.
Le 31 mai, Ahmed Nejib Chebbi a annoncé la formation d'un mouvement, baptisé "Front de Salut National", auquel se sont joints 5 partis : "Ennahdha", "Qalb Tounes", "Coalition Al-Karama", "Hirak Tounes Al-Irada" et "Amal". En plus de la campagne "Citoyens contre le coup d'Etat", et d'un certain nombre de parlementaires.
Selon une feuille de route annoncée par le président tunisien Kaïs Saïed en décembre dernier, les élections législatives devraient se tenir le 17 décembre.
La Tunisie traverse une grave crise politique depuis le 25 juillet 2021, date à laquelle Saïed a commencé à imposer des mesures d'exception, notamment la destitution du gouvernement, la nomination d'un nouvel exécutif, la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature et du Parlement, la promulgation de lois par décret, l'adoption par référendum d'une nouvelle Constitution pour le pays le 25 juillet dernier et l'organisation d'élections législatives anticipées.
Certaines forces politiques tunisiennes considèrent ces mesures comme un "coup d'État contre la Constitution de 2014 et la consécration d'un régime totalitaire", tandis que d'autres forces y voient une "correction du cours de la révolution de 2011" qui a renversé le régime du président de l'époque, Zine El Abidine Ben Ali (1987 - 2011).
*Traduit de l’Arabe par Mourad Belhaj