Yosra Ouanes
07 Juillet 2023•Mise à jour: 07 Juillet 2023
AA / Tunis / Yosra Ouanes
La Fédération générale de l'enseignement de base (syndicat) en Tunisie a dénoncé la décision du ministre de l'Education de révoquer 150 directeurs d'école, estimant que cette mesure vise "l’action syndicale".
C’est ce qui ressort d’une conférence de presse tenue par le secrétaire général du syndicat, Nabil Hawachi, vendredi, dans la capitale, Tunis, selon le correspondant d’Anadolu.
"Quarante directeurs d'école sur les 150 qui ont été démis de leurs fonctions sont des syndicalistes. À travers leur révocation, c’est le travail syndical qu’on vise (…) c’est une tentative de dénigrer les enseignants et de les présenter comme des rebelles et des hors-la-loi", a déclaré Nabil Hawachi.
Le secrétaire général du syndicat a insisté sur l’impératif "de s'en tenir aux revendications des enseignants", qu'il estime "légitimes".
L'année scolaire écoulée, a été marquée depuis la rentrée en septembre 2022, par une crise entre le ministère de l'Éducation et le syndicat, au cours de laquelle les négociations entre les deux parties ont achoppé.
Les revendications du syndicat consistent en l’amélioration des conditions des enseignants par une augmentation de leurs salaires, de manière à faire face à la dégradation du pouvoir d'achat et à la flambée des prix, tout en essayant de trouver un accord pour régler leurs situations professionnelles.
"Nous sommes pour le dialogue et notre approche consiste à résoudre la crise en réalisant le minimum syndical des revendications des enseignants", a souligné Nabil Hawachi.
Et le secrétaire général du syndicat de mettre en garde : "L'arrêt des négociations entre le ministère et le syndicat ne peut que conduire à un bras de fer qui pourrait se poursuivre jusqu'à la rentrée prochaine".
Le ministre de l'Éducation, Mohamed Ali Boughdiri, a annoncé jeudi le licenciement de plus de 150 directeurs d'école, au motif d’avoir refusé de remettre les notes.
Début juin, Boughdiri a confirmé dans des déclarations à la presse que "le ministère soutient le dialogue, la négociation et l'échange de vues pour parvenir à des accords à même d’améliorer la situation des enseignants et enseignantes qui endurent des circonstances difficiles".
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail