Mohammad Sio
03 Août 2026•Mise à jour: 03 Août 2026
Un tribunal israélien a temporairement gelé le projet du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, d'installer des crocodiles autour de la prison de Ketziot, dans le sud du désert israélien du Néguev, où sont détenus des Palestiniens de la bande de Gaza, selon les médias israéliens, lundi.
Les autorités israéliennes avaient commencé à creuser des tranchées autour d'une section de la prison accueillant des Palestiniens arrêtés à Gaza en raison d'accusations d'implication dans les événements du 7 octobre 2023. Selon le projet de Ben-Gvir, des crocodiles doivent être placés dans ces tranchées.
Le tribunal de district de Jérusalem a rendu une injonction temporaire dimanche soir après que l'organisation de défense des droits des animaux Let the Animals Live a déposé un recours contre ce projet, soutenu par le ministère de la Sécurité nationale et le service pénitentiaire israélien, selon le diffuseur public israélien KAN.
Le juge Avraham Rubin a interdit aux autorités d'entreprendre toute démarche fondée sur la décision de la ministre de la Protection de l'environnement, Idit Silman, de classer les crocodiles comme « animaux sauvages apprivoisés », une désignation juridique qui permettrait de les transférer et de les maintenir au sein de la prison.
Le diffuseur a précisé que la décision est tombée quelques heures après que l'organisation a déposé une requête administrative contre Silman, Ben-Gvir et le service pénitentiaire israélien.
L'ordonnance temporaire restera en vigueur jusqu'à ce que les autorités soumettent leur réponse au tribunal, ce qui est attendu pour la mi-août.
Le litige porte sur la décision du 15 juillet de Silman, qui visait à autoriser l'utilisation de crocodiles comme « mesure dissuasive et de sécurité dans les prisons », selon KAN.
La requête fait valoir que cette mesure « modifie le statut juridique des crocodiles et supprime les mécanismes de contrôle et de licence qui leur sont imposés en tant qu'animaux sauvages protégés ».
Le diffuseur a ajouté que Let the Animals Live a soutenu que le service pénitentiaire israélien avait déjà entamé des travaux d'infrastructure, notamment le creusement d'un canal autour de la prison, précisant que le ministère de la Sécurité nationale avait alloué 21 millions de shekels (environ 6,9 millions de dollars) à ce projet pilote.
L'organisation a souligné que la décision avait été prise sans autorité légale suffisante et sans tenir compte des avis professionnels et juridiques avertissant des risques pour les animaux, le public et l'environnement, a ajouté KAN.
Selon KAN, le gouvernement n'a pas encore soumis sa position officielle au tribunal et devrait le faire en réponse à la demande d'injonction.
Let the Animals Live et la clinique de justice environnementale et de droit des animaux de l'université de Tel-Aviv ont déclaré que l'ordonnance du tribunal empêche la poursuite de travaux irréversibles à ce stade et protège le bien-être des animaux pendant qu'ils poursuivent leurs efforts pour faire annuler définitivement le projet.
Depuis sa prise de fonctions fin 2022, Ben-Gvir a supervisé un durcissement des conditions de détention des prisonniers palestiniens, incluant des politiques d'affamement, de négligence médicale, de torture et d'isolement cellulaire.
Environ 9 500 prisonniers palestiniens, dont des femmes et des enfants, sont actuellement détenus dans les prisons israéliennes dans des conditions très dures, des dizaines d'entre eux étant morts des suites de l'affamement, de la torture et de la négligence médicale, selon des organisations de défense des droits humaines palestiniennes et israéliennes.
*Traduit de l’anglais par l'équipe