Ekip
16 Février 2022•Mise à jour: 18 Février 2022
AA / Bruxelles / Agnes Szucs
L'UE doit "se passer" du gaz russe, a déclaré, mercredi, la présidente de la Commission européenne.
Intervenant lors d'une session plénière du Parlement européen à Strasbourg, en France, Ursula Von der Leyen a critiqué la Russie pour avoir "instrumentalisé la question énergétique" dans son conflit avec l'Ukraine et l'UE.
Faisant valoir que Moscou a terni sa réputation de fournisseur d'énergie crédible depuis que Gazprom a limité les livraisons de gaz naturel à l'Europe malgré une demande élevée, Ursula Von der Leyen a indiqué que l'UE a depuis lors intensifié les efforts visant à diversifier ses importations d'énergie, en veillant à obtenir davantage de gaz naturel liquéfié de partenaires internationaux.
Elle a également souligné que l'Union disposait de réserves de gaz suffisantes pour l'hiver au cas où la Russie interromprait l'approvisionnement.
"Nous devons diversifier nos sources d'énergie, pour nous défaire de la dépendance au gaz russe, et investir massivement dans les énergies renouvelables", a-t-elle déclaré, appelant ainsi l'Union à tirer les leçons de la crise actuelle avec la Russie au sujet de l'Ukraine.
** Crise en Ukraine
Abordant les tensions croissantes entre la Russie d'une part et l'Ukraine et l'Occident d'autre part, Ursula Von der Leyen a déclaré : "L'Ukraine est aujourd'hui un pays plus fort, plus libre et plus souverain qu'en 2014".
"C'est précisément pourquoi le Kremlin la menace à nouveau", a-t-elle affirmé.
Selon Von der Leyen, Moscou a envoyé des "signaux contradictoires" ces deux derniers jours en annonçant le retrait de certaines de ses troupes des régions frontalières, alors même que ses parlementaires ont voté en faveur de la reconnaissance de l'indépendance des régions de Donetsk et de Louhansk, dans l'est de l'Ukraine.
Elle a appelé Moscou à désamorcer les tensions par des actes et pas seulement des mots.
Charles Michel, président du Conseil européen, s'est également adressé aux députés européens sur cette question.
Il a expliqué que les responsables de l'UE et de l'OTAN étaient en contact quotidien et "travaillaient à des niveaux d'intensité et de qualité sans précédent."
Michel a appelé la Russie à faire preuve de "courage" en choisissant la diplomatie plutôt que le conflit et a prévenu que Moscou devrait faire face à des "conséquences majeures" en cas d'invasion de l'Ukraine.
Michel, qui préside les réunions des dirigeants européens, a également promis que les chefs d'État et de gouvernement de l'UE discuteraient des derniers développements en matière de sécurité en marge d'un prochain sommet UE-Union africaine qui débutera jeudi et qu'ils "déclareraient leur soutien au peuple ukrainien."
En 2014, Moscou a commencé à soutenir les forces séparatistes dans l'est de l'Ukraine contre le gouvernement central, une politique qu'elle a poursuivie au cours des sept dernières années.
Les États-Unis, avec leurs alliés européens, avertissent depuis novembre dernier que la Russie se prépare à une agression contre l'Ukraine après le déploiement de plus de 100 000 soldats ainsi que des équipements lourds le long de sa frontière avec l’ancienne république soviétique.
La Russie a nié se préparer à une invasion et a accusé les pays occidentaux de porter atteinte à sa sécurité en raison de l'élargissement de l'OTAN vers ses frontières.
Mardi, la Russie a annoncé que certaines de ses troupes dans les districts militaires de l'ouest et du sud avaient commencé à regagner leurs garnisons.
La chambre basse du parlement russe, la Douma, a voté le même jour pour la reconnaissance des régions séparatistes ukrainiennes de Donetsk et de Louhansk en tant qu'États indépendants.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj