Mennatallah H. H. M. Said A.
25 Février 2022•Mise à jour: 25 Février 2022
AA/Washington
Le Trésor américain a sanctionné, jeudi, 24 personnes et entités biélorusses, en rétorsion au soutien de Minsk à l'intervention militaire de la Russie en Ukraine.
« Dans le cadre de la riposte sérieuse des États-Unis à l'intervention militaire russe en Ukraine, le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (Office of Foreign Assets Control – OFAC) du département du Trésor des Etats-Unis, impose des sanctions à 24 personnes et entités biélorusses », indique le Trésor américain dans un communiqué publié sur son site.
Le département a expliqué que cette décision intervient en rétorsion « au soutien de la Biélorussie à l'opération militaire russe contre l’Ukraine ».
Le communiqué précise que les sanctions ont ciblé « le secteur de la défense et les institutions financières de la Biélorussie, deux domaines dans lesquels Minsk entretient des liens étroits avec Moscou ».
Le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, a déclaré plus tôt, ce jeudi, que l'armée de son pays ne participait pas à l'intervention militaire russe en Ukraine, laissant entendre toutefois que Minsk pourrait prendre part à cette opération si nécessaire, selon des médias locaux.
* La crise du Donbass et l’intervention militaire de la Russie
En 2014, suite aux manifestations populaires qui ont secoué l’Ukraine, le Chef de l’État Viktor Ianoukovitch a fui le pays, laissant ainsi la place à un gouvernement pro-occidental. La crise qui s’en est suivie a vu la Russie envahir la Crimée et annexer illégalement ce territoire ukrainien, puis appuyer les revendications indépendantistes des régions ukrainiennes de Donetsk et Louhansk, majoritairement russophones.
Des affrontements meurtriers déclenchés dans la foulée de la proclamation unilatérale de l’indépendance des deux régions ukrainiennes, avaient alors opposé les forces séparatistes soutenues par la Russie et l’armée de Kiev.
La diplomatie ayant repris l’initiative en 2014 et 2015, les appuis de Kiev en Occident ont négocié avec Moscou un accord de cessez-le-feu, connu comme les Accords de Minsk, qui bien qu’ayant servi à désamorcer la crise, ont été marqués par de nombreuses violations de cette trêve, coutant la vie à quelque 14 mille ukrainiens des deux bords.
Lorsque la Russie a commencé à déployer des dizaines de milliers de soldats le long des régions frontalières avec l’Ukraine vers la fin de l’année 2021, les États-Unis et leurs alliés occidentaux ont affirmé que Moscou se préparait à envahir l’Ukraine, menaçant Vladimir Poutine de lourdes sanctions s’il venait à porter atteinte à la souveraineté de l’Ukraine et à son intégrité territoriale.
Moscou, qui n’a eu de cesse de démentir toute velléité d’invasion de l’ancienne république soviétique, a pourtant décidé de reconnaitre l’indépendance de Donetsk et de Louhansk, puis, le 24 février, de lancer une intervention militaire sur le territoire ukrainien pour, selon les termes de Vladimir Poutine, défendre les populations menacées de « génocide par Kiev » et « libérer l’Ukraine du nazisme et du militarisme, appelant par là même l’armée ukrainienne à déposer les armes.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail