AA / Rome / Mahmoud al-Kilani
La ministre italienne des Affaires étrangères, Federica Mogherini, a indiqué que «l’option militaire en Libye n’est pas souhaitable».
Mogherini a fait cette déclaration à la Radio publique italienne jeudi, à Lisbonne, en marge de la tenue de la 11ème session de la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de la Méditerranée Occidentale.
Mogherini a averti contre une "éventuelle débordement de la situation et l’augmentation de l’afflux des immigrants clandestins à destination de l’Italie, si le conflit s’inscrirait dans la durée".
La ministre a ajouté qu’il "faudrait baliser la voie à un processus de dialogue et de réconciliation avec la participation de l’ensemble des protagonistes et l’appui de la Communauté internationale".
Mogherini a appelé à ce que la réunion de Lisbonne adresse « un message fort qui soulignerait l’attachement de la Communauté internationale au processus de l’édification démocratique, responsabilité de tous les Libyens ».
La radio italienne a cité également, Mohamed Abdelaziz, ministre libyen des Affaires étrangères, qui s’est entretenu avec son homologue italienne dans la capitale portugaise. Abdelaziz a «demandé à toutes les parties en Libye à œuvrer en commun à l’édification de l’Etat et à engager un dialogue national qui réunirait tous les protagonistes».
D’une durée d’une journée, la réunion des ministres des pays de la Méditerranée Occidentale concerne les pays du groupe (5+5). Il s’agit de la Libye, de la Tunisie, de l’Algérie, du Maroc, de la Mauritanie, du Portugal, de l‘Espagne, de la France, de l’Italie et de Malte.
La situation en Libye a connu une recrudescence de violence depuis vendredi dernier. Des forces armées partisanes du général à la retraite Khalifa Haftar se sont accrochés avec des « révolutionnaires et des éléments d’obédience islamique » proches de l’état-major de l’armée libyenne, dans la ville de Benghazi (Est), ce qui a fait plus de 80 victimes, selon un bilan du ministère de la Santé.
Au moment où Haftar estime que l’objectif de «l’Opération de la Dignité» consiste en "l’assainissement de Benghazi des milices extrémistes", des parties gouvernementales ont qualifié ses actes de «coup d’Etat contre la légalité» et une "tentative de porter échec à la révolution du 17 février 2011" qui a fait tomber le régime du colonel Kadhafi.