Fatma Bendhaou
23 Mai 2022•Mise à jour: 23 Mai 2022
AA/Alger/Aksil Ouali
Le président du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), Geoffroy Roux de Bézieux, a salué, ce lundi à Alger, l’adoption par le gouvernement algérien du nouveau code des investissements. Effectuant une visite de deux jours en Algérie à la tête d’une délégation des chefs d’entreprises de son pays, il a affiché la « disposition des opérateurs français à continuer à accélérer les échanges quel que soit le climat politique entre les deux pays ».
Il a, cependant, fait une remarque de taille. « Nous avons besoin de stabilité fiscale et juridique pour investir », a-t-il plaidé lors d’une conférence de presse animée en marge d’un forum d’affaires avec les membres de la Confédération algérienne du patronat citoyen, CAPC. Le patron des patrons français a insisté longuement sur la stabilité du cadre législatif dans le pays pour attirer les investissements directs étrangers (IDE).
« Les entreprises françaises souhaitent et sont prêtes à co-localiser…Le seul bémol, c’est que nous avons besoin de nous inscrire dans la durée et cette durée a besoin d’un cadre législatif clair. Nous avons besoin d’avoir la certitude que quand une loi dit une chose, la loi suivante de l’année d’après ne la changera pas…Je dis cela à la fois pour l’Algérie et la France où n’importe quel autre pays. Nous avons besoin de stabilité législative et fiscale », a-t-il lancé.
Selon lui, l’investissement doit s’inscrire sur une période allant de 5 à 10 ans ou plus. A cet effet, a-t-il précisé, « l’évolution du cadre législatif est un critère important de promotion de l’investissement ». « Un gouvernement qui donne des signes d’ouverture à l’extérieur va attirer des investisseurs dans la durée et dans la co-localisation et la co-production », a-t-il estimé.
Revenant sur le nouveau code d’investissement adopté, jeudi dernier, par le conseil des ministres, Geoffroy Roux de Bezieux l’a qualifié d'un "bon signe », avouant qu’il n’a pas lu l’intégralité du texte.
« Sans l’avoir lu dans le détail, nous en avons un peu discuté avec nos partenaires de la CAPC. C’est vraiment un très bon signal. Ce dont nous avons besoin, c’est de savoir le niveau de fiscalité, quels sont les secteurs stratégiques, où est-ce qu’on peut être majoritaire ou en partenariat majoritaire. Il faut simplement que les règles soient connues d’avance », a-t-il souligné.
Toujours sur les mutations du cadre législatif, le chef des patrons français a également lancé une autre phrase : « Il ne faut pas que les règles changent en fonction de l’arbitre ». Selon lui, les hommes d’affaires français sont très demandeurs de cette loi.
Évoquant la concurrence internationale au sein du marché algérien, notamment celle de l’Italie et de la Turquie, le président du MEDEF a précisé qu’il ne s’agit pas « d’un gâteau ». « Je ne vois pas le marché comme un gâteau qu’on doit se partager. Plus il y a de concurrents, plus il y a d’investissements et mieux le pays se porte…Ce n’est pas parce que l’Italie en ce moment à des projets, que la France ne peut pas en avoir. Il y a une démographie favorable à l’investissement dans différents secteurs », a-t-il lancé.
La délégation du MEDEF, notons-le, est composée de représentants des compagnies Airbus-Hélicoptère, Alstom, EGIS, Avril, Natexis, Renault, Société Générale, Total Energie, Stellantis. Pour rappel, depuis le changement du pouvoir en Algérie à la fin de l’année 2019, les entreprises françaises ont perdu beaucoup de marchés, dont notamment celui de la gestion du métro d’Alger (RATP) et la gestion des eaux d’Alger (SUEZ).