AA / Gaza / Ala Atallah – Hidaya Al-Saïdi
L’Autorité de la qualité de l'environnement (AQE) a annoncé mercredi aux médias avoir «interdit l’accès à la plage de Gaza» pendant quelques jours, en raison de la concentration de la pollution dans l'eau de mer.
L’Autorité a averti que la pollution de l’eau de mer a atteint un point culminent, elle touche plus de 50% de la plage, provoquant la contamination de l'environnement marin et son empoisonnement.
Elle a assuré que la baignade, dans une grande partie de la plage, représente désormais un danger considérable pour la santé des vacanciers.
Le responsable du laboratoire environnemental de l’AQE, Atiya El-Berch, a précisé que son institution « continue à prélever des échantillons d’eau de mer qui montrent tous qu’elle ne convient pas aux normes palestiniennes des eaux de baignade, ni biologiquement ni physiquement ni chimiquement."
Il a ajouté dans un entretien avec Anadolu que « 100 milles mètres cube d’eau usée non traitée sont quotidiennement déversés dans la mer. C’est une quantité considérable pour une plage qui ne dépasse pas les 43 kilomètres de longueur ».
Al-Berch a supposé que les eaux usées sont déchargées dans la mer en raison des «coupures du courant électrique qui durent des heures et de l’insuffisance du carburant fourni pour faire fonctionner les générateurs des stations de traitement des eaux usées, ce qui oblige les municipalités à déverser les eaux usées dans la mer ».
Les habitants de Gaza souffrent depuis sept ans d’une grande crise d’électricité après le bombardement de l’unique centrale électrique par Israël en 2006.
Le courant est coupé pendant 8 heures par jour sur toutes les régions de Gaza et la durée peut parfois atteindre les 12 heures.
Al-Berch a précisé que l’absence de matière première a freiné la construction de plusieurs stations de traitement des eaux usées prédisant une «catastrophe environnementale et sanitaire» si les stations continuent à ne pas fonctionner et que l’eau polluée continue à être déversée dans la mer.
Le responsable a appelé la communauté internationale à «assumer ses responsabilités morales et légales envers la Bande de Gaza et d’œuvrer à la levée du siège et l'introduction des matériaux de construction et du carburant nécessaires au fonctionnement des stations de traitement».
Israël assiège Gaza depuis que le mouvement de résistance «Hamas» a remporté les élections législatives en janvier 2006. Il a ensuite renforcé le siège après que le mouvement a contrôlé la Bande l’année suivante. Bien que Gaza n’est plus sous le contrôle de Hamas, depuis l’annonce du gouvernement palestinien de consensus, Israël maintient le siège.