Nadia Chahed
10 Mars 2017•Mise à jour: 10 Mars 2017
AA/Paris/Souhir Bousbih
Invité de « L’Emission politique », jeudi soir sur France, le candidat socialiste et écologiste à la Présidentielle du 23 avril, Benoît Hamon, a dénoncé le projet «dangereux» et la personnalité «immature» du candidat du Mouvement "En Marche", Emmanuel Macron. Il a, notamment, accusé son rival de préparer une « France ingouvernable » et portée par une «une majorité instable», s’il était élu.
Le revenu universel revu à la baisse
Arrêter l’hémorragie et les départs des cadres socialistes vers le camp Macron devient urgent pour Benoît Hamon. Largement distancé par l’ex-ministre de l’Economie dans les sondages, Benoît Hamon avait à cœur de remobiliser ses troupes et de rappeler que le candidat « légitime » de la gauche, c’était lui.
Pour cela, il a rappelé les thématiques de sa campagne validées par « deux millions d’électeurs ». Education, sortie du nucléaire, investissement massif dans les énergies renouvelables…Il n’a pas manqué de faire un signe à François Hollande, dont il dit partage la vision sur une Europe unie autour de la « défense ». Un geste d’apaisement qui suit les recommandations de Bernard Cazeneuve, qui l’a enjoint jeudi à être « plus rassembleur ».
Plus rassembleur, Benoît Hamon essaye aussi de l’être en retouchant sa mesure phare et décriée de revenu universel. Sur le plateau, il a détaillé la nouvelle mouture de sa proposition, évoquant un complément de salaire pour «tout travailleur qui perçoit un salaire net jusqu’à 1,9 SMIC par mois». Mais surtout, l’allocation de l’existence qui devait être versée à «tous les jeunes» âgés de 18 à 25 ans sera désormais définie sur la base des conditions de ressources. Ceux qui travaillent « toucheront moins » a-t-il expliqué
Haro sur Macron
Cette modification suffira-t-elle à réunir sa famille ? S’il s’est gardé de critiquer frontalement ceux qui ont annoncé vouloir rejoindre les « marcheurs » de Macron, il n’a pas accordé le même traitement de faveur à l’intéressé, contre qui il a multiplié les coups. « En tant que socialiste, je pense que son programme (Macron, ndlr) est dangereux et en tant que démocrate, je me mets à distance de ceux qui dans une posture messianique et christique, pensent détenir la solution » a déclaré Benoît Hamon, qui trouve cette attitude « très immature ».
Il est ensuite revenu sur les ralliements à Emmanuel Macron, qui préparent, selon lui, une France ingouvernable: « Comment Macron gouvernera de Robert Hue à Alain Madelin avec des majorités différentes ? (…) Ce qui n’est pas raisonnable, c’est de proposer une France ingouvernable. Pouvons nous prendre le risque d’une majorité instable avec le risque Marine Le Pen ?».
Les sympathisants socialistes, eux, semblent le penser. Dans un sondage Sodoxa pour France Info révélé vendredi, s’ils sont 80% à trouver Benoît Hamon sympathique et 78% à estimer qu’il incarne bien la France, ils sont 62% à penser qu’Emmanuel Macron est celui qui est le mieux placé pour battre le FN et la droite au second tour, contre 20% à peine pour le candidat PS.