AA/Ouagadougou/ Lougri Dimtalba
Le Burkina Faso va demander au Maroc l'extradition de l'ex- président burkinabé Blaise Compaoré, réfugié à Casablanca depuis la semaine passée après sa démission forcée du pouvoir, a annoncé le Premier ministre intérimaire, Colonel Isaac Zida.
« Si au niveau de la justice, une plainte est déposée contre le président Compaoré, je pense que nous allons demander au Maroc, bien qu'il n'y ait pas d'accord de justice (...) de mettre le président Compaoré à la disposition de la justice burkinabé », a déclaré M. Zida lors d'une rencontre avec la presse nationale dans son bureau, jeudi soir.
Le 31 octobre dernier, Blaise Compaoré a été contraint à la démission par une insurrection populaire, après 27 ans de règne, alors que l’assemblée nationale s’apprêtait à voter une loi lui permettant de se représenter en 2015.
Réfugié d’abord en Côte d'Ivoire d’où est originaire son épouse, Chantal, Compaoré a ensuite rejoint le Maroc, le 20 novembre.
"Nous devons faire la lumière sur tout ce qui s'est passé pendant le régime de Blaise Compaoré. Et tous les dossiers en suspens seront rouvert", a déclaré Zida, ajoutant que le dossier du président Thomas Sankara (1983-1987) sera entièrement rouvert et que justice sera rendue.
Thomas Sankara, considéré comme le père de la révolution Burkinabè de 1983, a été assassiné le 15 octobre 1987 lors d’un coup d’Etat qui portât Blaise Compaoré au pouvoir. Depuis lors, la justice peine à élucider les circonstances exactes de sa mort, même si les soupçons se sont portés sur Compaoré.
Pour Siaka Coulibaly, analyste politique, joint par Anadolu, « les burkinabé devront chercher une solution pour le cas Compaoré. »
« L’extradition peut être proposée à la communauté internationale qui va traiter le dossier et garantir, avec les autorités burkinabé et les forces vives, l’application des différentes clauses du plan proposé. »
Les nouvelles autorités du pays qui ont juré aux lendemains de leurs prises de fonctions, que « rien ne sera comme avant » ont entamé un travail de « nettoyage » de l’ancien régime.
« Il faut déconstruire intellectuellement l’ancien régime », avait lancé face à la presse Cheriff Sy, le nouveau président du Conseil national de transition élu jeudi.
Jeudi, le chef d'état-major particulier du président déchu Blaise Compaoré, considéré comme son plus fidèle compagnon d'armes, Gilbert Diendéré, et deux économistes siégeant à la présidence ont été démis de leurs fonctions par le nouveau président.
« Tous ceux qui ont profité du règne de Blaise Compaoré pour construire, par la fraude, des fortunes indues, seront aussi jugés et rendront gorge au peuple » a prôné le politologue.