Mohamed Hedi Abdellaoui
30 Septembre 2015•Mise à jour: 30 Septembre 2015
AA/ Bujumbura/ Nzosaba Jean Bosco
Un chef local d’un parti de l’opposition a été assassiné dans la nuit de mardi à mercredi par des inconnus, a appris Anadolu auprès d’une source bien informée.
Le Président du parti Mouvement pour la solidarité et la démocratie (MSD) a été retrouvé corps sans vie en commune de Shombo, dans la province de Muramvya, à une cinquantaine de kilomètres de Bujumbura, vers le centre du pays. «Jean Baptiste Nsengiyumva a été assassiné cette nuit vers 21h30’ (19h30’ GMT, ndlr) devant son domicile à Shombo », a confirmé Michel Ndikuriyo, un des responsables du parti MSD.
Nsengiyumva était natif de la commune de Matana dans la province de Bururi, une localité où il y a eu d'intenses manifestations contre le troisième mandat du président Nkurunziza. Il laisse une veuve et deux enfants.
La police a indiqué avoir engagé une enquête : « Nous avons commencé nos enquêtes pour identifier les auteurs de ce meurtre et leurs mobiles», a déclaré à Anadolu le commissaire de police André Ndikuriyo.
Dirigé à l’échelle nationale par l’ancien journaliste Alexis Sinduhije, aujourd’hui en exil, le MSD est le principal parti politique de l’opposition ayant appelé ses militants à descendre dans la rue pour contester le 3ème mandat du président Pierre Nkurunziza. Plusieurs de ses militants ont déjà fait les frais de cette mobilisation contre le controversé Pierre Nkurunziza, réélu le 21 juillet 2015.
Le Burundi a plongé dans la violence depuis l'officialisation, fin avril dernier, de la candidature du président Nkurunziza à un 3ème mandat qui, selon l'opposition, la société civile et même une partie de son propre camp, viole la Constitution et l'Accord d'Arusha, deux textes qui ont le mérite d’avoir mis fin à la guerre civile (1993-2006).
Les autorités ont maté, mi-mai, une tentative de coup d'Etat militaire et étouffé, un mois plus tard, six semaines de manifestations quasi-quotidiennes à Bujumbura. Mais depuis la réélection de Pierre Nkurunziza, les violences se sont intensifiées, avec des assassinats ciblés et des exécutions sommaires.