Bilal Müftüoğlu
19 Octobre 2015•Mise à jour: 20 Octobre 2015
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le nombre de réfugiés séjournant dans le campement à Calais, surnommé la "jungle", a doublé en l'espace de trois semaines, a annoncé la préfète de Pas-de-Calais Fabienne Buccio.
"Il y a trois semaines, on dénombrait 3 000 migrants. Il y a eu une augmentation assez forte puisqu'on est passé à entre 5 500 et 6 000 aujourd'hui", a affirmé la préfète dans une déclaration à la presse locale, réfutant ainsi les dernières statistiques diffusées lors de l'arrivée du Premier ministre Manuel Valls à Calais, et faisant état de 3 500 migrants.
"Les flux classiques de migrants venant d’Afrique, de Libye et de Méditerranée via la France, qui habituellement se tarissent, ne diminuent pas. Les flux de Turquie, de Grèce et des Balkans arrivent de Belgique, c’est un phénomène nouveau. Enfin, des migrants quittent le Dunkerquois", précisent les responsables de la Préfecture, cités par le quotidien régional, la Voix du Nord.
Les migrants, qui pour la plupart, cherchent à atteindre le Royaume-Uni, via le tunnel sous la Manche ou encore par voie maritime, "se sédentarisent et certains sont là depuis huit mois", a encore souligné la préfète de la région.
Avec sa population avoisinant les 6 000, la "jungle" deviendrait la troisième "ville" de la région du Calaisis, derrière la ville de Calais (72 600 habitants) et de Marck (10 300 habitants).
L'augmentation de la population du campement de réfugiés est aussi liée à l'expulsion par la police des centaines de réfugiés syriens , séjournant dans un squat près du port de la ville. Les forces de l'ordre étaient intervenues fin septembre utilisant du gaz lacrymogène pour disperser la foule et les obliger à intégrer la "jungle".
La préfète est tenue de rencontrer les associations d'aide aux migrants ce mercredi et d'organiser un point de presse faisant état de la situation sur place. Une autre rencontre est prévue le même séjour, au Conseil de l'Europe, à Strasbourg, entre la maire de Calais, Natacha Bouchart et les maires de Gaziantep (Turquie), Fatma Şahin, et de de Kos (Grèce) Giorgios Kyritsis, sur le thème "Réfugiés et migrants – quelle mission pour les pouvoirs locaux et régionaux".