AA/Abidjan/ Yao Fulbert
Le gouvernement ivoirien a annoncé, mercredi, à Abidjan, avoir exhumé 142 corps de personnes décédées lors de la crise postélectorale de 2010 et 2011, dans le cadre de la deuxième phase de l’opération d'exhumation débutée en juillet.
« L’Opération d’exhumation et d’identification des corps a permis d’identifier 142 corps dans le district d’Abidjan et de délivrer des certificats de décès pour 121 d’entre eux», a annoncé le porte-parole du gouvernement Bruno Koné, s’exprimant au cours d’un point de presse.
« Pour ce qui concerne l’ouest du pays, les opérations de recherches ont permis à ce stade de recenser 15 tombes et 22 fosses communes », a-t-il ajouté.
« Les opérations se poursuivent, elles sont longues parce que les lieux, pour certains, ne sont pas connus à l’avance, pas montré par les populations pour diverses raisons et aussi parce qu’il n’y a pas suffisamment d’experts et de médecins légistes », a-t-il poursuivi.
« Le chef de l’Etat a donc demandé des mesures pour accélérer ces procédures y compris en ayant des recours à des pays étrangers parce qu’il souhaite que ces opérations soient achevées pour la fin d’année », a conclu Koné.
La première phase de l’opération d'exhumation des dépouilles de la crise postélectorale qui a fait plus de 3 000 morts de décembre 2010 à avril 2011 a été lancé le 30 janvier 2013 par le gouvernement ivoirien.
D'après les Nations Unies, cette opération d'exhumation devrait permettre aux « familles de faire leur deuil et à la justice de mener ses investigations».
La crise ivoirienne dite postélectorale de 2010-2011 a débuté après le second tour de l'élection présidentielle ivoirienne de 2010, le premier scrutin depuis 10 ans, dont le résultat a amèné à un différend électoral, à la suite de fraudes présumées.
Les partisans du candidat, Laurent Gbagbo, président sortant et d’Alassane Ouattara, actuel chef d'état ivoirien, s’affrontent.
La Commission d'enquête nationale mise en place après l'investiture de Ouattara a estimé le nombre de morts total à 3 248 (1 452 morts imputées au camp Gbagbo, 727 au camp Ouattara et 1 069 non attribuées à un camp ou l'autre en raison de problèmes d'identification des victimes).