AA/Dakar/Babacar Dione
Le gouvernement sénégalais a contesté, le rapport établi par le groupe de travail des Nations Unies qui a estimé que la détention de Karim Wade, fils de l'ancien président est "arbitraire".
« La détention de Karim Wade n’a rien d’une détention arbitraire, il s'agit d'un emprisonnement fondé sur une décision de justice », a déclaré à Anadolu, jeudi soir, le Porte-parole du gouvernement sénégalais, Me El-Hadji Oumar Youm.
Oumar Youm a en outre, souligné que le groupe de travail n’est pas un organe de l’Onu estimant que "L’avis de ce groupe n’est qu’un avis consultatif qui n'implique ni la commission des droits de l’homme, ni l’Onu et encore moins le Sénégal".
« C’est un avis établi par des personnes qui ne sont pas à l’abri de manipulations », a ajouté Me Youm.
Dans un rapport daté du 7 mai, le groupe de travail sur la détention arbitraire du Conseil des droits de l'homme de l'ONU,a estimé que la détention de Karim Wade est arbitraire.
Le groupe a demandé à Dakar de prendre les mesures nécessaires pour remédier au préjudice subi par M. Wade qui purge une peine de prison de six ans ferme pour "enrichissement illicite" en prévoyant une réparation intégrale.
Le groupe a estimé que le prolongement de la détention préventive de M. Wade emprisonné en avril 2013 n'avait pas de base légale et relevé "des manquements constitutifs de violations des lois nationales et du droit international'.
Pour le Porte-parole du gouvernement, l’avis du groupe « viole manifestement la résolution 1997/50 par laquelle la commission des droits de l’homme estime que la privation de liberté n’était pas arbitraire si elle résulte d’une décision définitive prise par une juridiction nationale alors surtout que le groupe de travail ne peut pas se substituer à une juridiction d’appel ». D’ailleurs, a poursuivi le ministre, « dans sa propre fiche de travail N°26, le groupe de travail dispose clairement qu’il ne lui appartient pas d’apprécier les faits et les éléments de preuve dans une affaire pas plus qu’il ne peut se substituer aux juridictions nationales d’appel ».
« En dépit de la clarté de cette règle méthodologique et au mépris du principe du contradictoire, le groupe dans un empressement injustifié, un traitement inéquitable et manifestement unilatéral, a donné un avis suspect et en lui-même arbitraire qui repose sur le fondement d’aucun instrument juridique national ou international », a dénoncé Oumar Youm.