Merve Gül Aydoğan Ağlarcı
16 Avril 2026•Mise à jour: 16 Avril 2026
L’Assemblée générale des Nations unie s’est réunie ce jeudi en session consacrée aux vétos sur un projet de résolution du Conseil de sécurité concernant la fermeture du détroit d’Ormuz, les États membres apparaissant divisés sur les effets potentiels du texte, entre apaisement ou aggravation de la crise.
La présidente de l’AGNU, Annalena Baerbock, a ouvert la séance en appelant les États à dépasser le blocage du Conseil.
« À la lumière de l’échec du Conseil à soutenir des efforts visant à garantir un passage sûr et sans entrave dans le détroit d’Ormuz, l’Assemblée générale a désormais l’opportunité et la responsabilité de faire en sorte que le débat sur la liberté de navigation dans ce détroit ne s’arrête pas à l’exercice d’un veto », a-t-elle déclaré.
Avertissant que la crise ne se limitait pas à un seul facteur, elle a ajouté : « Ce que nous observons n’est pas une crise isolée, mais la convergence de plusieurs lignes de fracture anciennes et imbriquées, qui n’ont pas commencé le 28 février », évoquant notamment les tensions liées au programme nucléaire iranien et aux opérations militaires israéliennes dans la région.
La représentante adjointe de la Russie à l’ONU, Anna Evstigneeva, a défendu le veto de Moscou, estimant que le projet de résolution aurait pu être utilisé pour justifier de nouvelles actions militaires.
« Il proposait que le Conseil de sécurité donne son feu vert à l’utilisation de certaines mesures de protection sous prétexte d’assurer la sécurité de la navigation », a-t-elle déclaré, ajoutant que cela « aurait constitué un blanc-seing pour la poursuite d’actions agressives et une nouvelle escalade ».
Elle a indiqué que la Russie et la Chine avaient proposé un projet alternatif, jugé plus équilibré, visant à favoriser une solution négociée.
L’ambassadeur de Chine à l’ONU, Fu Cong, a soutenu cette position, avertissant que les décisions du Conseil « ne doivent pas servir de couverture de légitimité à des opérations obligatoires non autorisées ni constituer une autorisation implicite au recours à la force ».
L’ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz, a vivement critiqué ces vétos, accusant Moscou et Pékin d’avoir choisi « de protéger le principal État soutenant le terrorisme au monde ».
Il a affirmé que Washington continuerait à œuvrer pour garantir la circulation de l’aide alimentaire, des engrais, de l’énergie et des biens commerciaux « dans ce passage stratégique, à l’abri des attaques, menaces, minages ou extorsions ».
Le chef de la délégation de l’Union européenne auprès de l’ONU, Stavros Lambrinidis, a mis en garde contre de lourdes conséquences mondiales, indiquant que les prix des engrais avaient augmenté de 20 % à 35 % en Amérique latine et dans les Caraïbes, tandis que les prix mondiaux de l’urée avaient bondi de 50 %, ce qui pourrait plonger 45 millions de personnes supplémentaires dans une situation d’insécurité alimentaire aiguë. Il a comparé cette situation aux perturbations provoquées par le blocus naval russe en mer Noire.
* Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy