AA / Caire / Hacer Eldesuke
L’accord de Entebbe sur la redistribution des eaux du Nil a été ratifié, en 2010, par cinq des dix pays riverains et signé par un sixième dont le Parlement a refusé de ratifier l’accord qui n’est toujours pas entré en vigueur.
L’Egypte et le Soudan, deux pays farouchement opposés à l’accord de Entebbe, ainsi que l’Ethiopie avaient ratifié, le 23 mars dernier, un accord de principes concernant le barrage éthiopien de la Renaissance.
Depuis, la question de l’accord de Entebbe est remise sur le tapis et certaines parties se demandent si cela indique une disposition de l’Egypte et du Soudan à ratifier l’accord cadre qu’ils refusaient catégoriquement.
Hani Raslane, Président de l’unité des études du Soudan et du bassin du Nil au centre des études politiques et stratégiques, al-Ahram, a affirmé que l’approbation par le Caire et Khartoum d’un partage équitable des eaux du Nil ne concerne que le sud éthiopien de la renaissance et ne s’étend en aucun cas aux autres affaires des eaux du fleuve … Il est très peu probable que l’Egypte et le Soudan changent d’avis quant à l’accord de Entebbe
L’accord signé le 14 mai 2010 dans la ville Ougandaise de Entebbe avait été mis en place afin de palier à «l’iniquité» dans le partage des eaux du Nil entre les 11 pays riverains énoncé par un traité datant de 1959. Celui-ci accorde à l’Egypte 55.5 milliards de mètre-cubes des eaux du fleuve, et au Soudan 18.5 milliards de mètre-cubes soit au total plus de 90% du débit du fleuve.
Le Traité de 1959 octroie par ailleurs à l’Egypte un droit de véto sur tous les travaux susceptibles d'affecter le débit du fleuve, qui lui assure 90% de ses besoins en eau.
Le nouvel accord prévoit, entre autres articles, un partage «équitable» et un «usage raisonnable des ressources hydrauliques du fleuve» des Etats membres de l’accord cadre
L’Éthiopie, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, et la Tanzanie ont ratifié l’accord de Entebbe en 2010. L'Erythré est membre observateur de l'accord et n'a pas droit au vote étant donné le volume réduit de ses besoinsen eaux du Nil (6 milliards de mètre-cubes).
Le gouvernement du Burundi a signé l’accord en 2011 mais son parlement ne l’a pas ratifié ce qui fait du Burundi un Etat signataire mais non membre.
Le Soudan du Sud a de son côté exprimé en 2013 sa disposition à ratifier l’accord cadre de Entebbe. Ce pays, a fait sécession de la République du Soudan le 9 juillet 2011, il n’est donc pas signataire de l’accord de 1959 et tente actuellement de déterminer sa part des eaux du Nil en tant que pays riverain.
En plus du Soudan et de l’Egypte, qui estiment détenir un «droit historique» sur les eaux du Nil, le Congo est le troisième Etat à s’opposer à l’accord de Entebbe qui ne peut entrer en vigueur qu’avec six états membres, soit les deux tiers des pays riverains.