AA / Al-Minya / Hajer Eldusuki – Sahar Hamdani – Jamel Abdel Mouez
Un tribunal égyptien a décidé lundi, de transférer les dossiers de 683 partisans du président destitué Mohamed Morsi, dont le Guide général de la Confrérie des « Frères Musulmans » Mohamed Badie, au Mufti d’Egypte, en prélude à leur exécution. Par ailleurs, le tribunal a condamné à mort 37 sympathisants de Morsi et à la prison à perpétuité 491 autres accusés, selon des sources judiciaires.
Le transfert des dossiers au Mufti en droit égyptien est synonyme d’exécution. La décision de l’autorité religieuse est consultative et n’est point contraignante pour le juge qui pourrait confirmer la sentence en dépit de son rejet par le Mufti.
Les sources ont indiqué que le tribunal d’al-Minya (Centre de l’Egypte), présidé par le juge Said Youcef Saad Sabra, a décidé de transférer au Mufti les dossiers des prévenus accusés d’avoir « pris d’assaut le poste de police d’al-Adwa et de porter atteinte à l’ordre public ».
Les mêmes sources ont souligné que « le tribunal a condamné à mort 37 partisans de Morsi dans une autre affaire et à la perpétuité (25 ans) 491 sympathisants » du président déchu.
Les chefs d’inculpation comportent «l’attaque contre des postes de police dans les villes de Smalout et de Matay dans la province d’al-Minya, après la dispersion par les forces de l’ordre d’un sit-in des sympathisants de Morsi dans les places de Rabiaa al-Adawiya et de Nahda d’Egypte (Ouest du Caire) le 14 août dernier.
Les sources judiciaires ont tenu, par ailleurs, à préciser que « les jugements rendus lundi, dans les deux affaires sont susceptibles d’appel et doivent être soumis à la Cour de Cassation » (plus haute juridiction).
Depuis la destitution du président Mohamed Morsi en juillet 2013, les autorités égyptiennes accusent plusieurs leaders et membres de la confrérie des « Frères Musulmans » « d’incitation à la violence et au terrorisme ».
Tout en réfutant ces accusations, la Confrérie met l’accent sur le caractère pacifique de son action et accuse à son tour les forces de l’ordre égyptiennes du meurtre des manifestants hostiles à la destitution de Morsi.
A l’annonce du verdict, des manifestations estudiantines à l’Université d’al-Minya se sont enclenchés et des mesures sécuritaires renforcées autour des postes de police de la ville ont été prises en prévision d’attaques après le jugement rendu, a rapporté le correspondant d’Anadolu.