Bilal Müftüoğlu
27 Janvier 2017•Mise à jour: 27 Janvier 2017
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
L'ancien Premier ministre français Manuel Valls a estimé vendredi qu'il risque de s'"effacer" politiquement en cas de défaite face à Benoît Hamon, son adversaire au deuxième tour de la primaire de la gauche ce dimanche en prélude à l'élection présidentielle.
Invité sur BFM TV et RMC, Valls, arrivé deuxième au premier tour de la primaire, a abordé deux visions "irréconciliables" de gauche, la sienne et celle de Hamon, ajoutant qu'il se rangera tout de même derrière ce dernier en cas de défaite dimanche.
"Je ne pourrai pas défendre son programme [Hamon]. Je m'effacerai. Mais, d'abord, je ne me place pas dans cette perspective", a ainsi noté l'ancien Premier ministre, s'estimant toujours en lice pour le poste de candidat présidentiel.
Revenant sur deux visions qui "s'affrontent incontestablement", Valls a soutenu que le scrutin de dimanche prochain serait un "référendum sur trois sujets majeurs".
"C'est un référendum sur la valeur travail. Est-ce qu'on considère que le travail veut dire toujours quelque chose, ou est-ce qu'on renonce, et on distribue un revenu universel [selon le programme de Hamon, ndlr] à chacun. C'est un référendum sur la valeur laïcité. Est-ce qu'on est prêt à reculer face à la montée des fondamentalismes. Et enfin sur la valeur politique: est-ce qu'on se fait élire en disant 'on rase gratis', on présente un projet de 500 milliards d'euros qui se traduiraient par une augmentation massive des impôts, ou est-ce que c'est un référendum sur un langage de vérité", a-t-il détaillé.
Valls, qui a obtenu près de 31% des voix dimanche dernier derrière son adversaire qui en a eu 36%, a appelé les électeurs à lui donner "la force de l'emporter", notamment pour permettre au Parti socialiste de résister face aux différents courants de gauche, représentés par Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron.
"Donnez-moi la force de l'emporter, parce que si ce n'est pas moi, au lendemain de cette primaire, nous ne sommes pas en capacité de résister, là Mélenchon, ou là Macron (...). Moi je suis au cœur des progressistes, de Hamon jusqu'à Macron, parce qu'il faut rassembler", a-t-il affirmé.