AA / Gaza / Alaa Atallah
Dans la course à la Knesset israélienne, la Bande de Gaza semble être le sujet de la "fièvre électorale", politiques et militaires israéliens n’hésitant pas à "vociférer les menaces d’une nouvelle guerre contre l’enclave" pour "appâter l’électeur" israélien, ont constaté des observateurs palestiniens.
«La carte de Gaza est la plus à la mode en cette saison électorale», affirme Antoine Shalhat, expert en affaires israéliennes.
«Menacer Gaza d’une nouvelle guerre et accuser le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou d’avoir échoué dans sa dernière offensive contre l’enclave, sont des manières d’instrumentaliser la question par les candidats des législatives israéliennes», a relevé l’expert.
Il a tenu à souligner que la dernière guerre israélienne contre la Bande de Gaza a été l’une des raisons qui avaient imposé des élections anticipées, ce qui explique cette «guérilla» et ces «multiples accusations entre candidats à la Knesset».
Chaque parti tente de soigner son image dans la surenchère à propos d'une guerre à Gaza pour mieux appâter l’électeur israélien, a affirmé Hani Habib écrivain et journaliste au quotidien palestinien al-Ayam.
«Ce sujet fait l’objet d’une hystérie sans précédent dans les récentes déclarations des dirigeants israéliens. A croire que Gaza est le "Golden ticket" à la Knesset!», a-t-il déploré.
Le ministre israélien des Affaires étrangères et dirigeant du parti "Israël Beytenou", Avigdor Liberman, avait affirmé récemment qu'«une quatrième guerre contre Hamas à Gaza est chose certaine et n’est qu’une question de temps».
Le candidat du Camp sioniste (centre gauche) et ex-président de la branche des renseignements militaires, Amos Yadlin, a promis à ses électeurs une prochaine guerre contre Gaza serait «plus rapide et plus destructrice pour Hamas», s’il accédait au poste de ministre de la Défense.
«Ce ne sont que des manœuvres électorales visant à amasser un maximum de voix. Il est très peu probable qu’Israël mène une autre guerre contre Gaza. », a assuré Hani al-Bassous, enseignant à la faculté des sciences politiques à l’université islamique de Gaza.
«La Bande de Gaza ne s’est pas encore remise des retombées de la dernière offensive et l’armée israélienne a également subi de grandes pertes», a-t-il argumenté.
Benjamin Netanyahu avait dissout la Knesset, en décembre dernier et décidé l’organisation d’élections anticipées le 17 mars prochain, à cause de dissidences au sein de son gouvernement qui avait provoqué le départ de six ministres, dont deux chefs de partis.
Le 26 août dernier, Palestiniens et Israéliens, ont convenu d’une trêve de longue durée, sur médiation égyptienne, qui a mis fin à 51 jours de guerre contre l’enclave palestinienne, qui a fait plus de deux mille morts palestiniens et plus de 11 mille autres blessés outre la destruction totale ou partielle de milliers de foyers.