Selen Temizer,Tuncay Çakmak
24 Janvier 2019•Mise à jour: 24 Janvier 2019
AA - Ankara
Alors que l’organisation terroriste Daech se retire des dernières zones de Syrie où elle est encore active, la question de savoir comment vont réagir les Etats-Unis dans le cas où le YPG/PKK, branche syrienne du groupe terroriste PKK et allié de Washington en Syrie, libère comme dans le passé, les membres de Daech, orientés vers la Turquie et l’Europe, se pose.
Mardi, des centaines d’éléments de Daech se sont rendus aux troupes américaines dans la région de Deir ez-Zor. Les terroristes ont été transférés dans la base américaine se trouvant sur le site pétrolier d’Omar, contrôlé par le YPG/PKK.
Suite à cela, le sort de ces centaines de terroristes est sujet à débats.
Dans le passé, après les opérations à Raqqa et Hassaké, le YPG/PKK qui avait fait prisonnier des membres de Daech, avait ensuite négocié leur libération.
En dernière date, le terroriste Jamal Feyyad el-Hossein, du nom de code Abu Halit el-Suri, avait été libéré en novembre 2018 en contrepartie de la somme de 100 millions de lire syrienne (environ 175 000 dollars US).

Le 17 novembre 2018, le porte-parole de la Coalition internationale contre Daech, Eric Pahon, avait alors déclaré "ne pas totalement partager ce comportement mais respecter la décision de leur allié".
Cette pratique du YPG/PKK est assez courante.
Après les combats à Raqqa, les éléments de Daech avaient été autorisés à quitter la ville, après quoi ils s’étaient orienté vers la frontière turque afin de pénétrer en Turquie.
Après la décision de Trump de retirer les soldats américains de Syrie, le YPG/PKK, se cachant derrière l’organisation FDS (Forces Démocratiques de Syrie) avait affirmé que cette décision allait favoriser le retour en force de Daech.
Ilham Ahmed, un des cadres de l’organisation terroriste, qui s’était exprimé dans les colonnes du quotidien français Le Monde, avait averti que le YPG ne pourrait plus contrôler les prisons et qu’ainsi des centaines de terroristes de Daech, retenus pour la sécurité de la France et des pays occidentaux, allaient s’échapper.
Le New York Times avait affirmé, le 22 décembre dernier, que le YPG/PKK négocierait la libération de 1 100 membres de Daech et 2 080 de leurs proches.
Le Coordinateur des travaux sur la Syrie au sein du Centre des Recherches sur le Moyen-Orient (ORSAM), Oytun Orhan, a rappelé que parmi les membres de Daech retenus dans les prisons du YPG/PKK, environ 800 sont des combattants étrangers.
"Il y a des terroristes de tous les pays. Leur sort interpelle. L’Europe n’en veut pas. Il est envisageable que les Etats-Unis les prennent et les fasse juger dans ses états où la peine de mort est toujours en vigueur", a-t-il expliqué.
La prise de Raqqa en octobre 2017, bastion de Daech en Syrie, n’a apporté aucune solution. Le YPG/PKK contrôle pratiquement la totalité des régions que Daech occupait dans le nord-est de la Syrie. Daech est désormais encerclé dans une petite zone à la frontière syrienne.