AA / Diyala (Irak) / Mustapha Saadi
Un responsable local irakien a déclaré, jeudi, que des éléments de l’Etat Islamique en Irak et au Liban (EIIL) ont empêché vingt familles de quitter la région de Saadia, dans la province de Diyala, (est de l’Irak), dans le but de les utiliser comme «bouclier humain» qui empêcherait d'éventuels bombardements des forces gouvernementales.
Le Directeur de la région de Saadia, Ahmed al-Zarkouchi, a déclaré à l’Agence Anadolu que "des éléments de l’EIIL ont empêché 20 familles de se quitter la région afin de pouvoir les utiliser, ainsi que le reste des habitants, comme bouclier humain pour éviter les éventuels bombardements aériens et d’artillerie du gouvernement".
Al-Zarkouchi fait partie des 70% des habitants qui ont quitté Saadia après sa prise par l’EIIL, deux mois auparavant.
Le Directeur a affirmé que les forces gouvernementales, en collaborations avec les tribus alliées, s’apprêtent à mener une large attaque armée, dans les prochains jours, pour «épurer» Saadia des éléments de l’EIIL. Il a précisé que "la prise en otage" des familles à Saadia n’est qu’une tentative de l’EIIL d’empêcher cette «opération épuration».
Il n’a pas été possible d’obtenir une confirmation de ces déclarations par une source indépendante et il est habituellement exclu d’obtenir des commentaires officiels de l’EIIL étant donné les restrictions qu’ils s’imposent dans leurs échanges avec les médias.
Les régions du nord et de l’ouest de l’Irak vivent de grandes violences depuis que des groupes armés conduits par l'EIIL se sont emparés de la ville de Mossoul dans la province irakienne de Ninive (nord), après le retrait de l’armée. Le même scénario s’est reproduit dans plusieurs provinces, notamment, à Diyala et à Salaheddin.
Alors que les leaders sunnites en Irak considèrent ces mouvements comme une «révolution populaire sunnite contre le gouvernement sectaire (chiite)», les autorités officielles les qualifient "d'attaques terroristes".