Mona Saanouni
12 Septembre 2017•Mise à jour: 12 Septembre 2017
AA/Jérusalem/Abdel Ra'uof Arnaout
Le gouvernement israélien a commencé à prendre des mesures pour sanctionner l’organisation « Amnesty International », en raison de sa campagne de boycott des produits issus des colonies israéliennes, dans le territoire palestinien occupé.
Le ministère israélien des Finances se dirige vers l’interdiction d’exonération d’impôts des dons israéliens à l’Organisation, dont le siège se trouve à Londres, a indiqué mardi le quotidien israélien «Haaretz» sur son site électronique.
Israël exempt d’impôts les donations faites par ses citoyens à des organisations humanitaires internationales. La valeur de ces donations n’est pas communiquée.
Cette mesure gouvernementale intervient à la suite de la campagne lancée par Amnesty International, appelant au boycott des produits des colonies israéliennes de la Cisjordanie occupée, selon le quotidien israélien.
Il s’agit de la première application de la loi israélienne «anti-boycott» votée par la Knesset en juillet 2011 pour punir les ONG appelant à ne pas consommer des produits de la Cisjordanie occupée.
Le ministère israélien des Finances a appelé les représentants de l’ONG à une audition, sans définir sa date, a indiqué Haaretz.
L’Organisation Amnesty International avait appelé au «boycott des produits de la Cisjordanie occupée, afin de mettre fin à un demi-siècle des violations faites aux Palestiniens ».
Cette campagne a été lancée en début du mois de juin dernier.
Le Secrétaire général d’Amnesty International, Salil Shetty, a indiqué dans un communiqué dont Anadolu a eu copie, que : « Le Monde est resté les bras croisés durant des décennies, tandis qu’Israël a détruit les maisons des Palestiniens et leur a volés leurs terres et leurs ressources naturelles».
« L’économie palestinienne a été paralysée en raison de la politique nocive suivie par Israël pendant 50 ans», a-t-il poursuivi.
«La condamnation de la colonisation israélienne n’est plus suffisante, il est temps que les Etats prennent des mesures internationales concrètes pour mettre fin au financement des colonies, qui constituent une violation flagrante du Droit international, et des crimes de guerre », a ajouté Shetty.