Selen Temizer,Saida Charafeddine
13 Novembre 2015•Mise à jour: 16 Novembre 2015
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Alors qu’une nouvelle réunion se tiendra samedi à Vienne au sujet de la crise en Syrie, la Russie cherche absolument à maintenir Bachar al-Assad à la tête du pays.
Sous prétexte de rechercher une solution politique, Moscou tente d’inclure une partie des opposants au régime à la liste des organisations terroristes.
La Russie prétend mener une lutte contre Daesh en Syrie, or depuis les premières frappes le 30 septembre dernier, les avions russes ont surtout visé les civils dans les zones sous contrôle de l’opposition modérée, et les frappes contre les positions de Daesh sont restées limitées.
Moscou souhaite ainsi renforcer la position du régime lors des négociations en lui assurant de nouvelles victoires sur le terrain.
Pourtant, les troupes de Damas n’obtiennent pas les résultats militaires espérés, ne gagnant que quelques localités autour de Hama et d’Alep, et en perdant presqu’autant dans le sud d’Alep.
Par ailleurs, selon les documents dévoilés par certains médias cette semaine, Moscou proposera à Vienne un plan de transition de 18 mois, dans lequel al-Assad reste à son fauteuil, et au bout duquel une nouvelle constitution devra voir le jour. A la fin de cette période, des élections présidentielles devront être organisées, et Bachar al-Assad pourra se représenter.
En même temps, la Russie essaie de convaincre les Etats-Unis de définir qui est opposant et qui est terroriste, espérant ainsi diviser encore l’opposition.
Pour les russes, en dehors des Kurdes du Parti d’Union Démocratique (PYD), branche du PKK en Syrie, tous les autres groupes pourraient entrer dans la catégorie de terroristes.
Moscou compte sur la diversité et le manque d’unité et de coordination des différents groupes de l’opposition syrienne pour les affaiblir encore plus autour de la table des discussions.
Aux yeux des Etats-Unis la situation est différente.
Le groupe Aharus Damas par exemple, n’est pas considéré comme terroriste par Washington.
Mais les Américains refusent de travailler avec eux, les suspectant de pouvoir coopérer avec Daesh ou al Nusra.
Si Moscou arrive à convaincre Washington sur cette question, les Etats-Unis risquent de rencontrer des problèmes diplomatiques avec la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar.
Du point de vue de l’opposition, la situation est très compliquée, elle semble être prise dans un tunnel sans fin.
Les premières discussions à Vienne avaient prévus un cessez-le-feu entre les parties sur le terrain.
Mais les opposants veulent qu’un objectif concret soit mentionné pour un éventuel cessez-le-feu, comme une date pour le départ d’al-Assad.
Les sources diplomatiques estiment que les opposants ne pourront accepter un plan qui permet à al-Assad de rester au pouvoir après cinq ans de conflit et des centaines de milliers de morts.
La réunion de samedi à Vienne, la plus large jusqu’à présent, verra la participation des Etats-Unis, de la Turquie, du Qatar, de l’Arabie Saoudite, de la Russie, de l’Iran, de l’Irak, du Liban, de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de l’Italie, de la Jordanie, des Emirats Arabes Unis, de la Chine et d’Oman, ainsi que des représentants de l’Union européenne, des Nations Unies et de la Ligue des Etats Arabes.