AA - Ankara - Naz Altinsoy
Natalia Poklonskaïa, la nouvelle procureure générale de Crimée nommée par Moscou, a lancé une enquête pour "manifestation massive illégale" le lundi 5 mai, visant l’assemblée des Tatars de Crimée.
Après avoir été empêché de prendre un vol pour la Crimée à l'aéroport de Moscou ce vendredi, Moustafa Djemilev, le leader des Tatars de Crimée avait décidé de rejoindre ses compatriotes par voie terrestre. Munis de drapeaux ukrainiens, les Tatars s’étaient réunis au poste frontalier près de la ville d'Armiansk, pour l'accueillir mais des confrontations ont eu lieu avec la police antiémeute. Au final, Djemilev n'a pas réussi à mettre pied sur le territoire criméen.
"Le 3 mai, l’assemblée des Tatars de Crimée a commis des actes massifs illégaux (...) dans certaines régions de Crimée, tels la désobéissance massive, la fermeture des voies, le franchissement illégal des frontières russes et le recours à la violence", a affirmé Poklonskaïa. Le procureure générale a également menacé de fermer l'assemblée des Tatars de Crimée.
Fin avril, Djemilev avait affirmé à un correspondant de l'Agence Anadolu que les autorités russes l’avaient assuré qu'il n'était pas interdit du territoire russe malgré les rumeurs.
Les Tatars de Crimée, représentant 12% de la population de la péninsule auparavant ukrainienne, avaient dénoncé son annexion par la Russie, notamment en boycottant massivement le référendum du 16 mars.
Sous le régime soviétique, le peuple tatar avait connu les déportations vers l'Asie centrale en 1944. Ils ont été autorisés à revenir sur leur terre natale dans les années 1980.