AA/Stockholm/Ahmed Mahmoud
Un rapport publié lundi par l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), indique que le montant global des dépenses militaires mondiales estimé à 1776 milliards de dollars a reculé de 0,4% en 2014.
Une réduction des dépenses militaires de 6,5% a été constatée aux Etats-Unis, tandis que l’Arabie Saoudite enregistre une hausse de 17%. A titre de comparaison, une augmentation de 9,7% a été comptabilisée en Chine, et de 8,1% en Russie.
Les Etats-Unis demeurent toutefois le pays qui dépense le plus, en valeur absolue, en matière militaire, avec un budget de 610 milliards de dollars. La Chine, dont les dépenses sont estimées à 216 milliards de dollars arrive loin derrière, en deuxième position, précédant la Russie, troisième avec 84,5 milliards de dollars, suivie de l’Arabie Saoudite, quatrième, avec 80,8 milliards de dollars.
Le Sipri indique que «les dépenses militaires mondiales se sont stabilisées après avoir baissé les trois dernières années en raison de la réduction du budget militaire aux États-Unis et en Europe occidentale, et à cause de la hausse constatée en Asie, en Océanie, au Moyen-Orient, en Europe de l'Est, et en Afrique. Alors que les dépenses sont restées stables en Amérique latine».
Ainsi le budget militaire de l’Ukraine a-t-il enregistré une hausse de 23%. En Afrique, ce sont les deux producteurs de pétrole, l’Algérie et l’Angola, qui enregistrent les deux plus fortes hausses avec respectivement 12% et 6,7%. La moyenne continentale étant de 5,9%, contre 5 % en Asie et Océanie. La région étant tirée par la Chine, qui alloue entre 2 % et 2,2 % de son PIB à la défense depuis une dizaine d'années.
Le directeur du programme des dépenses militaires au sein du SIPRI, Sam Perlo-Freeman, affirme dans le rapport: «Alors que les dépenses militaires globales du monde n'ont pas évolué de manière significative, on assiste à une forte augmentation dans certaines régions du Moyen-Orient et d’Afrique. C’est un fardeau qui pèsera de plus en plus lourdement sur leur économie».
Pour Freeman, «ces augmentations reflètent en partie la détérioration de la sécurité, mais dans de nombreux cas, elles résultent de la corruption, et relèvent d’intérêts personnels, constituant autant d’indice des régimes autoritaires».
«En 2014, le nombre de pays qui consacrent plus de 4% de leur PIB à leur budget militaire, est passé de 15 à 20. Or seulement trois de ces pays (non spécifiés, ndlr) ont des régimes démocratiques».
Selon le rapport, «il n’est pas encore clair comment la forte baisse des prix du pétrole vers 2014 affectera les dépenses militaires en nette augmentation dans de nombreux pays producteurs de pétrole du Moyen-Orient, d'Afrique, d'Asie, et d’ailleurs ».
Toutefois, le SIPRI émet ces hypothèses : «Alors que certains pays pétroliers, à l’instar de l'Arabie Saoudite, ont accumulé des réserves financières importantes, leur permettant conjoncturellement de résister à la baisse des cours. D’autres peuvent être plus vulnérables, telle la Russie, qui a d’ailleurs réduit ses projets de dépenses militaires pour 2015».
Le SIPRI est un institut international indépendant fondé en 1966, spécialisé dans la recherche sur les conflits, l’armement, et le désarmement. Il a pour objectif de contribuer à la résolution pacifique des conflits internationaux.