AA/Yaoundé/James Ntog
Le ministre camerounais de la Communication et porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, a déclaré qu’«il n’y avait pas de rébellion en préparation au Cameroun » contrairement à «certaines voix, qui choisissent de faire croire que les exactions du Boko Haram contre le pays sont en réalité la manifestation d’une rébellion interne».
S’exprimant lors d’un point de presse tenu vendredi soir à Yaoundé, la capitale, le ministre réagissait aux propos de "certains médias basés hors du Cameroun", sans toutefois préciser de quel média il s'agit.
Tchiroma a ainsi affirmé que ces propos « ne reposent sur aucun fondement » et a condamné de telles «allégations infondées et irresponsables, qui sont susceptibles de semer le trouble dans des esprits fragiles ».
« Il n’existe pas de Boko Haram camerounais. Les attaques contre le Cameroun sont bel et bien le fait d’assaillants venus de l’extérieur, qui ont vite fait de retraverser la frontière après la commission de leurs méfaits », a souligné le ministre.
Toutefois, « il est possible que Boko Haram ait pu recruter, dans les villages frontaliers, quelques compatriotes en situation de précarité socio-économique. Mais il est tout aussi vrai qu'il s’agit là d’un phénomène marginal » car même dans les pays développés, des personnes rallient des groupes terroristes et quittent leur pays pour rejoindre les mouvements djihadistes, a précisé le porte-parole du gouvernement.
Selon des sources sécuritaires approchées par Anadolu au mois d’août, depuis plusieurs mois, dans l’Extrême-Nord du Cameroun, région qui partage sa frontière avec l’Etat du Borno au Nigéria, connu pour être la base du groupe armé, plusieurs jeunes camerounais auraient effectivement été enrôlés pour se préparer à attaquer leur propre pays.
« Boko Haram recrute des jeunes camerounais. Le groupe cible beaucoup plus les jeunes et pauvres âgés de moins de 20 ans », avait ainsi expliqué un officier de l’armée camerounaise, sous couvert d’anonymat, qui évoquait le chiffre de plusieurs centaines d'enrôlés.