AA/Tunis/Aïed amira
Le comité de défense du dernier Premier ministre du régime de Kadhafi, al-Baghdadi al-Mahmoudi, a décidé d’attaquer en justice des responsables tunisiens devant des tribunaux locaux et internationaux, a annoncé lundi un membre du comité.
«Le comité de défense introduira des recours judiciaires devant les tribunaux tunisiens et internationaux contre celui qui a pris la décision de livrer al-Baghdadi al-Mahmoudi à la Libye et ceux qui ont contribué à la prise de cette décision, notamment ceux qui étaient au pouvoir [en Tunisie]» a déclaré l’avocat Mabrouk Kerchid, membre du comité de défense de l’ancien Premier ministre libyen, lors d’une conférence de presse tenue lundi à Tunis.
Il a assuré que «des crimes» passibles d’emprisonnement ont été commis par des responsables tunisiens, surtout, a-t-il souligné, de la part de l’ancien chef du gouvernement tunisien, Hamadi Jebali, qui avait signé, d’après lui, la décision d’extrader al-Mahmoudi vers la Libye, soulignant la ferme volonté du comité d’introduire un recours pénal contre lui.
L’avocat a affirmé par ailleurs que «l’exécution de la peine de mort contre al-Baghdadi al-Mahmoudi pourrait intervenir dans les deux mois qui viennent selon les données et les enregistrements dont disposent sa famille et ses proches.»
La Cour d’appel de Tripoli, en Libye, a condamné à mort mardi dernier, avec exécution par balles, huit personnalités politiques de l’époque de l’ancien leader libyen Moammar Kadhafi, dont l’ancien Premier ministre al-Mahmoudi et le fils de l’ancien leader libyen, Seïf al-Islam Kadhafi.
Dans un communiqué publié vendredi dernier, le mouvement tunisien Ennahdha, au pouvoir au moment de l’extradition d’al-Mahmoudi souligne que «la décision du gouvernement tunisien, présidé par Hamadi Jebali au milieu de l’année 2012, concernant l’extradition d'al-Mahmoudi vers la Libye a été l’application d’une décision judiciaire datant de 2011.»
Al-Baghdadi al-Mahmoudi avait fui la Libye pour la Tunisie en aout 2011 après la révolution de février de la même année en Libye. Les autorités tunisiennes l’avaient arrêté pour "entrée illégale" au territoire tunisien. Libéré par décision de justice le 27 octobre 2011, il a été arrêté de nouveau et extradé vers la Libye le 24 juin 2012. Le mardi 28 juillet dernier, il a été condamné à mort par la Cour d’appel de Tripoli.