Levent Tok,Selen Temizer,Mohamad Misto,Tuncay Çakmak
06 Mars 2017•Mise à jour: 07 Mars 2017
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
L’organisation terroriste PYD/PKK a annoncé qu’elle ne se retirera pas de la ville de Manbij dans le nord de la Syrie.
Alors que la Russie et les Etats-Unis ont fait plusieurs déclarations sur le sujet la semaine dernière, le Conseil Militaire de Manbij, structure contrôlée par le PYD/PKK, a annoncé lundi que l’organisation ne remet pas en question sa présence à Manbij et ses environs.

"Manbij ne sera pas remise au régime de Bachar al-Assad, mais les forces du régime se positionneront entre les troupes de l’opération Bouclier de l’Euphrate (Armée turque et Armée Syrienne Libre) et les membres du PYD/PKK", a-t-il été annoncé.
De cette manière, l’organisation terroriste va assurer sa sécurité grâce au déploiement des soldats américains au Nord de la ville, et des forces du régime à l’Ouest et au Sud de Manbij.
Pourtant, la semaine passée, la Russie avait annoncé que le PYD/PKK allait abandonner la ville au bénéfice du régime syrien.
Washington avait affirmé ne pas être concerné par cet arrangement alors que Damas n’avait pas réagi.
Des sources locales qui se sont exprimées à l’Agence Anadolu ont affirmé que les forces du régime ont repris le contrôle de 3 villages sans que pour autant les troupes ne se soient totalement placées sur le front entre l’Armée Syrienne Libre (ASL) et le PYD/PKK.
Vendredi, les troupes américaines se sont déplacées vers le Nord de Manbij pour bloquer cet accès à l’ASL.
En se positionnant à l’Ouest et au Sud de la ville, les forces du régime vont donc aussi bloquer l’accès à Manbij.
L’Est de Manbij est, quant à lui, délimité par le fleuve Euphrate. Le PYD/PKK contrôle les régions de Kobané, Tel Abyad et Haseke, à l’Est de l’Euphrate.
Par ailleurs, selon les autorités du District kurde du Nord de l’Irak, le PKK déploie de nouvelles forces vers Sindjar, district de la province de Mossoul en Irak.
Selon des sources locales à Manbij, l’organisation terroriste profite de la « protection » assurée par les Etats-Unis et le régime de Damas à Manbij pour transférer une partie de ces éléments à Sindjar.
L’importance stratégique de Manbij :
Manbij, ville dont la population est majoritairement arabe et comprenant quelques milliers de Kurdes et de Turkmènes, est située à 30 km de la Turquie, à l’Ouest de l’Euphrate.
En 2012, la ville avait été prise par l’opposition au régime, avant de passer sous le contrôle de Daech en 2014.
En août 2016, grâce à des frappes américaines, la ville a été libérée de l'emprise de Daech, mais elle est passée sous le contrôle d’une autre organisation terroriste, le PYD/PKK.
Les Américains se sont engagés auprès de la Turquie à ce que le PYD quitte Manbij dès sa libération, mais cette promesse n’a jamais été tenue.
Le district de Manbij se trouve en plein milieu de la zone entre les deux « cantons » autoproclamés par le PYD/PKK au nord de la Syrie, dont l’objectif est de créer un corridor du terrorisme dans la région.
Avec l’opération Bouclier de l’Euphrate et la libération d’Al-Bab, ce projet de l’organisation terroriste a subi un sérieux revers.
Face aux pressions de la Turquie, les Américains et le PYD/PKK essaient de faire croire que le contrôle de la ville a été remis à des forces locales. Ce seraient les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) et des combattants locaux arabes qui contrôleraient Manbij à travers le Conseil Militaire de Manbij.