AA/Beyrouth/ Hamza Tekin
Les services de sécurité libanais ont érigé, lundi, un mur de ciment, autour du siège du gouvernement, au centre de la capitale, Beyrouth, après une nuit d'émeutes.
Les forces de sécurité ont ramené de grands blocs de béton armé, et en ont construit un mur élevé, interdisant l'accès au siège du gouvernement. Quelques manifestants brandissant des drapeaux libanais avaient tenté d’en empêcher la construction, considérant qu’il s’agit d’un nouveau «mur de Berlin séparant le peuple libanais de l’autorité corrompue au pouvoir».
Des activistes ont accusé, dans la presse, les autorités libanaises, d'avoir «payé des centaines de milliers de dollars, de la poche du peuple libanais, pour le prix du mur de béton, et de la répression».
Des unités de l'armée libanaise, et des véhicules blindés se sont déployés, dans la nuit du dimanche au lundi, dans le centre de Beyrouth, après que les forces de sécurité ont échoué à mettre fin aux «émeutes», selon la version du gouvernement.
Une source de la Croix-Rouge libanaise avait déclaré précédemment à Anadolu, que les ambulances ont transporté 43 blessés lors des manifestations, et traité plus de 200 cas de blessures légères.
Les forces de sécurité libanaises avaient dispersé, dimanche soir, dans la place Riad al-Solh, au centre de Beyrouth, des milliers de manifestants, réclamant la démission du gouvernement et la chute du régime.
Quelques manifestants avaient tenté de prendre d'assaut le siège du gouvernement libanais. Les forces de sécurité ont riposté en faisant usage de canons à eau, de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc.
Des activistes de la campagne «Vous puez», accusent des manifestants qualifiés «d’infiltrés», de provoquer des confrontations avec les services de sécurité, et de s’attaquer à des magasins, pour «faire échouer le mouvement de contestation pacifique».
Une dizaine de milliers de manifestants s’était rassemblé, samedi, au centre de la capitale libanaise, Beyrouth, à proximité du siège du gouvernement et du parlement, pour protester contre la corruption, et les déchets accumulés. Les protestataires ont appelé à «renverser le régime», lors d’une manifestation brutalement réprimée par les forces de sécurité libanaises, qui ont fait usage de matraques, de canons à eau, de balles réelles et en caoutchouc. Des dizaines de blessés ont été enregistrés.
La crise des déchets et des ordures ménagères amassés dans les rues de Beyrouth se poursuit depuis deux mois. Elle fait peser de sérieuses menaces sur la santé publique, selon des sources médicales, alors que la population dénonce l’incapacité des autorités à trouver des solutions radicales et définitives.