AA/Tripoli/Oussama Ali
Le Congrès Général National libyen (CGN), réuni mardi, à Tripoli, a condamné les bombardements par des avions attribués au général à la retraite khalifa Haftar de cibles «civiles et vitales notant que de «tels agissements risquent d’entraver les efforts déployés pour consacrer le dialogue national».
Un communiqué du CGN, dont Anadolu a eu copie, relève que «les avions de Haftar, qui est recherché par la justice, visent des cibles civiles dont les dernières en date sont l’aéroport de Misrata (ouest), une usine de fer et d’acier dans la même ville et un hôpital à proximité de Syrte. La dernière attaque s’étant soldée par des morts parmi les médecins».
Le communiqué relève, par ailleurs, que «ces opérations sont des violations de la résolution 2174 de l’ONU émise en 2014 et qui condamne l’usage de la force contre les civils et les établissements civils ».
Le CGN met, par ailleurs, en garde contre les impacts de telles attaques contre les cibles civiles si elles se poursuivaient. Le Congrès estime qu'elles pourraient "compliquer le paysage politique et entraver les efforts fournis en matière de dialogue"
Durant les derniers mois les forces de Haftar qui sont appuyées par le parlement se réunissant à Tobrouk, ont multiplié les attaques aériennes contre des positions à l’ouest de la Libye, région où les forces de "Fajr Libya" appuyées par le CGN sont présentes en force.
le Général à la retraite Khalifa Haftar avait lancé le 16 mai dernier une opération militaire baptisée «opération de la dignité» contre «les milices révolutionnaires et Ansar al Chariaa » qu’il accuse d’être les responsables de la dégradation de la situation sécuritaire à Benghazi (est), ainsi que de plusieurs attentats contre des militaires, des policiers,des journalistes et des activistes libyens.
Le parlement se réunissant à Tobrouk a reconnu en novembre dernier la légitimité de l’opération de Haftar et a annoncé qu’il s’agit «d’une opération militaire légitime qui incombe à l’Etat Major et au gouvernement libyen de transition»
Plusieurs villes libyennes, notamment la capitale Tripoli (Ouest) et Benghazi (Est) vivent, depuis des mois, au rythme de conflits sanglants entre des milices armées qui visent le pouvoir.
La Libye subit par ailleurs une profonde crise politique entre deux courants idéologiquement opposés, à savoir le courant libéral et celui d'obédience islamique. Une situation qui a engendré une bipolarité au niveau des institutions de l’Etat, notamment les deux parlements.
Un parlement établi à Tobrouk (majoritairement anti islamiste) et un autre à Tripoli (le congrès général national qui refuse l'opération al-Karama de Haftar). Le parlement de Tobrouk a été invalidé au début du mois de novembre dernier par le verdict de la cour suprême qui a considéré que l’amendement qui avait conduit à la tenue d’élections en juin est anticonstitutionnel.