Mona Saanouni
18 Avril 2018•Mise à jour: 18 Avril 2018
AA/ Mustapha Kamel
Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) a déclaré que les veuves Rohingays, ayant perdu leurs époux à cause des violences au Myanmar, se heurtent à d’immenses difficultés dans les camps des réfugiés au Bangladesh.
L’UNHCR a indiqué, dans un rapport publié sur son site électronique, "qu’il existe plusieurs familles Rohingyas réfugiées au Bangladesh gérées par des veuves".
L’organe onusien a, également, fait état d’environ 31 mille femmes, majoritairement des veuves, qui se chargent de la gestion de leurs familles.
Évoquant les difficultés auxquelles sont confrontées les femmes Rohingyas, le rapport a cité le manque de nourriture, l’absence de logement convenable et le manque des services de santé, considéré comme problématique majeure aggravant la souffrance des réfugiés au Bangladesh.
"Il est indispensable d’apporter un appui aux réfugiés, notamment les veuves, pour qu’elles soient en mesure de gérer leurs familles", a déclaré Shirin Aktar, une agente onusienne de protection qui travaille au Bangladesh.
"Nous devons les responsabiliser et leur faire acquérir les compétences nécessaires, ce qui leur donne la confiance nécessaire pour vivre dans la dignité. Nous ne serons pas là pour toujours", a-t-elle ajouté.
Le gouvernement bangladais, l’UNHCR ainsi que d'autres partenaires organisent, également, des ateliers de formation pour aider les femmes à acquérir des compétences et à gagner leur vie en cousant et en fabriquant du savon ou du dentifrice, ajoute le rapport consulté par Anadolu.
Les crimes qui se poursuivent depuis des années contre les Rohingyas, avaient, selon les Nations unies, contraint quelque 826 000 personnes à se réfugier au Bangladesh, 656 000 d'entre eux ayant fui le pays depuis le 25 août dernier.
Selon l'organisation internationale "Médecins sans frontières" (MSF), pas moins 9 000 personnes appartenant à la minorité Rohingyas avaient été tuées dans l’Etat d'Arakan (Rakhine), à l'ouest du Myanmar, entre le 25 août et le 24 septembre derniers.
L’ONU avait documenté le recours de membres des forces de sécurité du Myanmar, aux viols collectifs à large échelle, aux meurtres de nourrissons et de jeunes enfants, ainsi que leur implication dans des passages à tabac brutaux et des cas de disparitions.
Les enquêteurs de l'ONU avaient rendu un rapport décrivant ces abus "comme étant des crimes contre l'humanité".