AA/Islamabad (Pakistan)/ Aamir Latif
Deux professeurs de la plus grande université publique du Pakistan ont été abattus, à Karachi, en l’espace d’une semaine, indiquant une augmentation inquiétante des violences interconfessionnelles dans cette capitale économique du Pakistan.
Le doyen de la Faculté des études islamiques de l’Université de Karachi, Shakeel Auj, a été abattu, en plein jour, jeudi, dans une rue citadine très fréquentée de Karachi, alors qu’il se rendait au Centre culturel iranien pour assister, aux côtés de ses collègues, à une cérémonie organisée en son honneur.
Un second universitaire provenant de la même faculté, le professeur assistant Masood Baig, avait été abattu, la semaine dernière, dans le centre de Karachi. Baig faisait partie de l’école de pensée sunnite et était le gendre d’un éminent mufti sunnite, Mohammad Naeem.
Shakeel Auj avait, quant à lui, reçu le mois dernier des mains du président pakistanais, Mamnoon Hussain, la plus haute distinction littéraire du pays.
Aucun groupe n’a revendiqué les deux assassinats jusqu’à maintenant. La Police considère cependant que ces deux tragiques incidents font partie d’une vague croissante de violence interconfessionnelle.
La violence interconfessionnelle a des racines profondes au Pakistan où des milliers de personnes ont été tuées dans des attentats et autres attaques, ces trois dernières décennies.
Cette récente vague de violence dans la ville de Karachi tire cependant son origine du massacre de centaines de chiites et sunnites, dix ans plus tôt. La minorité chiite représente 10% des 180 millions de Pakistanais, dont l’écrasante majorité (85%) est sunnites.
Le Secrétaire général de la Karachi University Teachers Society (KUTS), Moeed Ahmed, a annoncé que toutes les activités académiques demeureront suspendues jusqu’à ce que les assassins soient arrêtés.