AA/Islamabad (Pakistan)/ Aamir Latif
Les négociations entre le gouvernement pakistanais et le chef du Pakistan Awami Tehreek (PAT, Mouvement du peuple du Pakistan), Tahir-ul-Qadri, ont échoué, mercredi soir, en raison de la persistance des deux camps à rester sur leurs positions respectives.
Qadri - qui mène, depuis deux semaines, un sit-in dans la capitale, Islamabad – a annoncé l’échec des pourparlers après le refus par le gouvernement de ses revendications clés, à savoir la dissolution du gouvernement provincial du Pendjab, et l’enregistrement de plaintes pour meurtre contre plusieurs hauts responsables gouvernementaux dont le Premier ministre Nawaz Sharif.
« J’ai le regret d’annoncer que les ‘portes’ de la négociation avec le gouvernement sont maintenant fermées. Il n’y aura plus de pourparlers » a révélé Qadri à une foule d’environ 10 000 de ses partisans.
Le chef du parti de l’opposition a, par ailleurs, affirmé que la journée du jeudi sera le « jour de la révolution » pour le Pakistan, sans cependant développer ses propos concernant les circonstances de cette « révolution ».
« Rassemblez-vous ici, demain à 15h, et ce sera notre dernier jour ici » a promis, avec émotion, Qadri, en faisant allusion aux précédentes journées de manifestation qui pourraient, jeudi, mener à des protestations plus violentes dans l'objectif de forcer le gouvernement à démissionner.
Le ministre pakistanais de l’Information, Pervez Rasheed, a, pour sa part, affirmé aux journalistes que le gouvernement était prêt à enregistrer la plainte pour meurtre si Qadri acceptait de mettre fin à son sit-in.
« Cependant, Qadri a refusé notre offre en affirmant qu’il ne quitterait pas la capitale sans avoir déclenché la révolution » a déclaré Rasheed.
Plusieurs observateurs politiques ont mis en garde contre une nouvelle vague de protestations au Pakistan qui pourrait conduire la puissante armée pakistanaise à utiliser les événements pour intervenir à la manière du Général al-Sissi en Egypte.
Tahir-ul-Qadri et Imran Khan, leader du Mouvement du Pakistan pour la Justice [Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI)] se sont unis pour entreprendre une « marche de la liberté » jusqu’à la capitale, Islamabad, quelques semaines auparavant.
Les deux chefs exigeaient initialement la démission du Premier ministre Sharif, la dissolution du Parlement et de la Commission électorale et l'organisation de nouvelles élections.
Khan a cependant assoupli, par la suite, ses revendications en accordant à Sharif " un mois avant de quitter ses fonctions", en attendant les conclusions de l’enquête sur les accusations de fraudes concernant les élections de 2013.