AA / Alger / Abderrazèk Ben Abdallah
Trois partis politiques algériens de l'opposition et d’obédience islamique, ont annoncé leur "rejet" de la visite effectuée mercredi, à Alger par le nouveau président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, considérée comme une « provocation » faite au peuple algérien et une « atteinte à la crédibilité de la diplomatie algérienne » qui avait condamné les coups d’Etat en Afrique au cours des dernières années.
Il ressort d’un communiqué rendu public mercredi, par le parti du « Mouvement pour la Société de la Paix » (MSP), et dont Anadolu a eu copie, que « Le Mouvement s’étonne de l’accueil réservé par l’Algérie des Martyrs à cette personnalité (al-Sissi), avec ce qu’elle représente comme orientation locale et régionale, d’autant plus que l’Union Africaine (UA), et à sa tête l’Algérie, avait condamné le coup d’Etat".
« Cette visite et cet accueil n’honorent pas le peuple algérien et pose davantage d’interrogations quant à la crédibilité de la diplomatie algérienne, dès lors que l’Algérie avait été, des années durant, le chef de file de l’UA en matière de bonne gouvernance et condamné, ainsi, les coups d’Etat militaires », poursuit le communiqué du parti qui avait siégé dans plusieurs gouvernements des deux premiers mandats de Bouteflika.
Le parti « Ennahdha » (La Renaissance, d’obédience islamique également) a relevé dans un communiqué que «l’invitation lancée par le président de la République (Abdelaziz Bouteflika) à cette personne (Al-Sissi) pour se rendre en Algérie, pays des martyrs, représente une sorte de défi et de provocation à l'égard des sentiments du peuple algérien, qui a refusé spontanément les actes commis à l’encontre du peuple égyptien par le représentant du régime militaire sanguinaire».
Dans le même ordre d’idées, le parti salafiste du « Front Essahwa libre » (en cours de création) a « refusé que al-Sissi soit l’hôte de l’Algérie, dès lors qu’il avait enlisé la grande Egypte dans un tunnel sans fin et déstabilisé les fondements de l’Etat islamique d’Egypte, récupérée par la Oumma après qu’il ait été aux mains des Sionistes ».
« Nous exhortons tout Algérien digne de se dresser contre cette visite et de la dénoncer fermement », conclut le communiqué du parti salafiste.
Al-Sissi avait quitté Alger plus tôt dans la journée du mercredi au terme d’une visite « éclair » de quelques heures au cours de laquelle il s’était entretenu avec le président Bouteflika.
La visite du président égyptien en Algérie est son premier déplacement à l’étranger depuis sa victoire à la présidentielle qui s’était déroulée à la fin du mois de mai dernier.