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Entre celui qui se dit "le candidat des jeunes", celui qui se présente comme "l’homme anti-corruption" par excellence, celui qui "promet prospérité et bien être aux Togolais" et celui qui n’hésite pas à attaquer ses concurrents pour faire prévaloir sa propre candidature, les candidats à la présidentielle togolaise (prévue le 25 avril) y vont chacun à leur manière pour séduire le plus d’électeurs.
Des efforts que certains observateurs politiques jugent inutiles dans "la mesure où tout se joue entre deux noms: Faure Gnassingbé, président sortant et candidat à sa propre succession et son principal concurrent Jean-Pierre Fabre, présidet de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC - opposition)".
Pour séduire les Togolais, Faure Gnassingbé, candidat du parti au pouvoir l’Union pour la République (UNIR), met en avant les acquis et les réalisations enregistrés durant son mandat (au pouvoir depuis 2005).
Gilbert Bawara, un de ses portes-paroles, avait déclaré à Anadolu que "si Gnassingbé devrait être réélu c’est pour ses qualités personnelles mais surtout pour le bilan de son mandat", ajoutant "Les Togolais sont témoins des actions menées par Faure Gnassingbé pour redresser et relancer l’économie et des efforts qu'il a consacrés pour l'apaisement et la réconciliation nationale".
Principal concurrent de Faure Gnassingbé, Jean Pierre Fabre soutenu par le Combat pour l’Alternance Politique en 2015 – CAP 2015 ( coalition de partis de l’opposition), défend, de son côté, "une alternance qui servira le pays et lui permettra de se remettre sur le bon chemin de la croissance et du développement".
Brigitte Adjamagbo-Johnson, directrice de Cap 2015 avait précisé à Anadolu "En emportant l'élection, nous passerons avec Jean Pierre Fabre par une période de transition pour, ensuite, opérer les réformes nécessaires et remettre le pays sur les rails afin de prendre l’envol et d’améliorer le pouvoir d’achat des Togolais".
A quelques jours de la présidentielle Fabre est de plus en plus "accueilli en gagnant lors de ses meetings", a rapporté le site d’information local "Togo site" dans son édition du 21 avril.
Gerry Taama, candidat au nom du Nouvel Engagement Togolais (NET), est le plus jeune des candidats (40 ans) et il n'hésite pas à jouer de cet atout et à se proclamer "le candidat des jeunes". Il avait confié dans une interview à Anadolu que "si on l’appelle ainsi c’est non seulement parce qu’il est le plus jeune des candidats mais aussi parce qu’il porte la question des jeunes au cœur et en fait une de ses priorités". Bien qu'il reconnait qu’il lui sera difficile d’emporter ce scrutin, Taama, poursuit sa campagne relevant que c’est pour l’avenir qu’il travaille.
Ainsi a-t-il promis à ses électeurs potentiels et notamment les jeunes qui représentent 60% de la population togolaise (chiffres officiels) d’œuvrer à résoudre les problèmes liés au chômage et à la prévalence de la corruption.
Pour valoriser sa candidature, Taama joue, également, la carte de la rupture aussi bien avec ceux "qui tiennent le pouvoir et ne veulent pas le lâcher et ceux (l’opposition) qui sont dans une logique de contestation permanente sans jamais proposer d'alternatives valables", a-t-il confié à Anadolu.
Aimé Gogué, candidat de "l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral" (Addi), est "le plus calme de tous les candidats qui mènent campagne", a indiqué le correspondant d'Anadolu. Gogué a, en effet, mené sa campagne "sans tambour battant et sans cymbale se contentant de rencontres formelles avec des groupes de jeunes". Tout au long de sa campagne c'est l'image d'un candidat intègre, qui maitrise l’administration et apte à relancer le pays qu'il offert aux Togolais.
"Un autre Togo est possible", est le slogan que prône, quant à lui, Tchassona Traoré, candidat du Mouvement Citoyen pour la Démocratie et le Développement MCD. Dans ses meetings, Traoré rappelle ses engagements et se présente comme "l’alternative d'un gouvernement qui a démissionné des questions sociales et une opposition en totale perdition".
A l'occasion d'un récent meeting à Tsévié, une ville située à 35 Km de Lomé, il a appelé ses militants à sanctionner le parti au pouvoir et a accusé le chef de file de l’opposition, candidat de CAP 2015 de complaisance avec le pouvoir.
Il est même allé jusqu’à accuser le parti au pouvoir d'avoir établi un accord secret entre l’ANC et UNIR. Traoré est, d'ailleurs, considéré comme le candidat qui a le plus attaqué ses adversaires au cours de cette campagne électorale.