AA/ Bangui/ Sylvestre Krock
La Cercle des intellectuels centrafricains a exigé la dissolution puis la restructuration du Conseil National de Transition (CNT), lors de son premier point de presse à Bangui, a rapporté samedi un correspondant de Anadolu.
Désigné par un groupe de 15 intellectuels récemment créé pour animer ce point de presse, M.Kidiri a reproché au CNT un certain "immobilisme" par rapport aux exactions et aux drames que vivent les Centrafricains au quotidien depuis 2012.
Un reproche qu’il a appuyé par des chiffres soulignant que la crise secouant la RCA depuis 2012 a jusque là fait "500 mille victimes (morts), 2 millions de personnes affectées par toutes sortes d’horreur et des centaines de milliers de déplacés". Des drames qui ont, selon lui, eu lieu alors que « le CNT, maison du peuple par définition, brillait par son absence lors des opérations de secours à la population en souffrance. »
Déplorant les évolutions dangereuses de la scène sécuritaire, il a tiré la sonnette d’alarme quant aux tueries qui continuent de plus belle, plus particulièrement dans le Nord-est du Pays : à Batangafo, à Grimari, à Bambari et à Bangassou. Dans cette région du pays « les populations sont toujours traquées, s’est-il désolé, jusque dans la brousse profonde pour être rassemblées et brûlées avec leurs biens ». Des exactions qui contineunt à avoir lieu même après la signatures, le 23 juiller dernier à Brazzaville (Congo), d’un accord de cessation des hostilités entre les anti-balaka (milice majoritairement chrétienne) et les ex-séléka (milice majoritairement musulmane).
Passant en revue les péchés du CNT, M.Kidiri a encore dénoncé l’impunité dont bénéficie les responsables des crimes commis à l’encontre de la population centrafricaine : « ils ne sont jamais poursuivis, ni devant la justice nationale, ni devant la Cour pénale internationale. Non seulement ils ne sont pas inquiétés, mais ils exigent la prise du pouvoir en raison de leur dangerosité criminelle».
Dans la même optique il a ajouté qu’ « un tiers de l’effectif du CNT, soit 47 députés sur 135, ne siègent pratiquement jamais et ne sont pas sanctionnés ».
Plaidant pour une restructuration du CNT, il a proposé l’admission de « trois députés par Sous-préfecture, soit 216 députés territoriaux, en plus des députés plus assidus qui représentent actuellement les différents corps constitués de la société civile, soit un total maximal de trois cent députés ». Une telle configuration permettra, a-t-il soutenu, une meilleure représentativité du peuple centrafricain au Forum inter-centrafricain annoncé pour novembre prochain.
Il a, au demeurant, appelé les Associations des victimes en activité dans les quartiers de Bangui, à œuvrer de concert, afin de pouvoir constituer une « Fédération des associations des victimes de la crise centrafricaine (FAVICA) », en vue de présenter des dossiers solidement documentés pour la Cour pénale internationale (CPI ). L’objectif étant, a-t-il réaffirmé, la lutte contre l’impunité, la reconnaissance de ses crimes et la réparation.
Le Cercle des intellectuels centrafricains est composé de 15 intellectuels, dont certains évoluent à l’étranger. Il a pour mission de coordonner les actions des assocations des victimes de la crise centrafricaine et du reste des parties prenantes afin de poursuivre les responsables des exactions commises à l'encontre de la population auprès de la Cour pénale internationale.