AA/ Lubumbashi/ Héritier Maila
Une plainte a été déposée par des avocats congolais pour arrestation et détention "arbitraire" de 7 activistes, par la police militaire, depuis le 15 mars à l'occasion d'une rencontre sur la démocratie et la bonne gouvernance à Kinshasa (République Démocratique du Congo-RDC), a appris Anadolu, mardi, de sources judiciaires.
"Il s'agit d'une plainte contre X pour enlèvement, arrestation arbitraire, détention et perquisitions illégales. Mais aussi pour violation des droits garantis aux particuliers", a indiqué à Anadolu Maitre Jean Baka, activiste des droits de l'homme, sans préciser pourquoi il ne visait pas dans sa plainte la police militaire.
Les 7 militants congolais participaient, à l’occasion du lancement d'un mouvement citoyen congolais «Filimbi», à une rencontre sur la bonne gouvernance et la démocratie en RDC avec deux mouvements sénégalais et burkinabè, respectivement, "Y en a marre" et Balai citoyen", ainsi que d'autres activistes, avant d'être arrêtés par la police militaire, selon des sources concordantes.
Les mouvements citoyens sénégalais et burkinabè avaient respectivement contribué à barrer la route à un troisième mandat du président sénégalais Abdoulaye Wade, en 2012, et conduit à la chute de Blaise Compaoré, en octobre dernier.
Depuis, trois militants sénégalais et burkinabè soupçonnés "de préparer des troubles à l'ordre public à Kinshasa en vue de déstabiliser les institutions congolaises et le processus électoral", selon Kinshasa, ont été expulsés. Quelques militants congolais ainsi que des journalistes occidentaux présents, ont été libérés depuis, alors que les 7 activistes, dont le fils d'un député de l'opposition, Gilbert Kikwama, restent en détention.
Pour Maitre Jean Baka, ces arrestations sont "insensées"
"Comment peut-on arrêter des personnes qui suivent une conférence dont l'accès est gratuit et en présence de journalistes ?" s'interroge-t-il, justifiant "qu'il s'agit d'une arrestation arbitraire faute de preuves".
Aucune date de procès n'a été fixée pour le moment, ont informé les avocats.
Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a jugé, de son côté, qu'il "n ya pas beaucoup de commentaires à faire la dessus".
"L'affaire est entre les mains de la justice, le gouvernement n'a pas à interferer. La RDC est un Etat de droit et nous attendons la dernière décision de la justice", a-t-il affirmé à Anadolu.
La République Démocratique du Congo vit depuis plusieurs semaines au rythme de tensions politiques, sur fond de contestation du Président Joseph Kabila, suspecté de vouloir briguer un nouveau mandat en 2016 exclu par la Constitution du pays.