AA/ Goma/ Aurélie Fontaine
Lors de son séjour en République démocratique du Congo (RDC), le ministre belge des affaires étrangères, Didier Reynders, a appelé, mercredi, au respect du calendrier électoral.
« Nous nous réjouissons qu'il y ait un calendrier électoral », a déclaré Reynders lors d'une conférence de presse avec Alexander De Croo, ministre belge de la coopération et du développement «Il faut maintenant aller vite, le calendrier est serré, ambitieux, donc c'est maintenant qu'il faut faire le travail budgétaire ».
Le calendrier électoral, très attendu par l'opposition, la société civile et la communauté internationale, a été annoncé le 12 février par la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Sept élections directes et indirectes doivent ainsi se tenir en RDC d'ici la fin 2016, dont l'élection présidentielle, prévue le 27 novembre 2016.
« Nous attendions ce calendrier depuis longtemps. Ce dont on est soucieux maintenant c'est de voir comment rendre ce calendrier praticable au niveau budgétaire, en limitant les frais si possible. Les autorités congolaises voulaient d'abord financer elles-mêmes et on attend de voir ce que l'on peut apporter comme soutien logistique et financier», a expliqué Didier Reynders.
La Céni a avancé la somme de plus d'un milliard de dollars nécessaires pour organiser ces rendez-vous électoraux dans l'ancienne colonie belge.
Le ministre belge des affaires étrangères est également revenu sur les récentes tensions entre le président congolais Joseph Kabila et la communauté internationale, et tout particulièrement les ambassades occidentales et la Monusco, la Mission des Nations-Unies au Congo.
Joseph Kabila avait ainsi dénoncé le 15 février, lors d'une rencontre avec une quinzaine d'ambassadeurs occidentaux et africains et Martin Kobler, le chef de la Monusco, « l'ingérence » de la communauté internationale dans les affaires intérieures du pays.
Le ministre des affaires étrangères a qualifié de "très détendue" la réunion qu'il a eue, mercredi, avec Joseph Kabila, à la présidence.
« C'est vrai qu'il y a eu une période de tension à propos de la révision de la loi électorale, qui a débouché, par de nombreux contacts avec les ambassades, par le retrait de l'alinéa 3 de l'article 8. Il faut par moments faire part de l'inquiétude qui peut être celle de la communauté internationale.».
L'article 8 du projet de révision de la loi électorale était très controversé. Selon ses détracteurs, il aurait permis à Joseph Kabila, lequel selon la constitution, ne peut se représenter pour un troisième mandat, de reporter sine die, la présidentielle.
Si la rencontre avec Joseph Kabila, dernière visite avant le départ des deux ministres, a été «détendue », tout le séjour n'a pas été si calme. Alexander De Croo avait critiqué, à son arrivée à Kinshasa, les mesures prises par le pouvoir congolais lors des violentes manifestations de janvier contestant le projet de loi de Kabila, qui ont fait environ 40 morts. Des propos qui ont fortement irrité le gouvernement congolais.
Autre sujet de tension en ce moment en RDC, également abordé par la délégation belge, c'est l'offensive militaire contre les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), postés depuis vingt ans dans l'est de la RDC. Cette offensive devait initialement être menée conjointement par les troupes de la Monusco et de l'armée congolaise. Mais les deux partis n'ont finalement pas trouvé de terrain d'entente.
« Dans le cadre des opérations (militaires ndlr) à l'Est, nous souhaitons vraiment, et j'en ai parlé avec les responsables de la Monusco et le président de la république, que toutes les opérations puissent se faire en bonne collaboration », a indiqué Didier Reynders.
Les deux ministres belges étaient en visite à Goma, dans l'Est du pays, et à Kinshasa, la capitale congolaise, pendant quatre jours, du 21 au 25 février. Ils ont rencontré les autorités, mais aussi des hommes politiques de l'opposition et des membres de la société civile.