AA/ Bujumbura/ Jean Bosco Nzosaba
Les manifestations contre un troisième mandat "inconstitutionnel" du président burundais Pierre Nkurunziza ont repris, lundi à Bujumbura, au lendemain de l'enterrement d'un opposant assassiné.
Cette reprise marque la fin d'une trêve de deux jours annoncée par l'opposition, vendredi dernier, et d'une ébauche d'un "dialogue" avec le gouvernement, rompue unilatéralement par l'opposition à la suite de l'assassinat de Zedi Feruzi par des éléments non encore identifiés.
Un véhicule de transport en commun a été brûlé par les manifestants en commune de Kanyosha, à Bujumbura lundi, où les routes étaient de nouveau barrées, tôt le matin, dans plusieurs communes de la capitale.
Il s'agissait d'une démarche visant à "dissuader ceux qui tenteraient de se rendre au travail", selon les manifestants.
"C’est pour dire aux usagers des véhicules qu’ils risquent gros. Pour les piétons qui semblent indifférents à notre lutte et qui continuent à vaquer à leurs occupations, nous leur enlevons une chaussure ou salissons leurs visages et habits", a déclaré à Anadolu, Dominique Nzigamasabo, un des manifestants de Kanyosha.
Comme pour les jours précédents, la population est restée terrée chez elle, nonobstant l’appel lancé ce week-end par Annonciate Sendazirasa, ministre burundaise de la Fonction Publique et du Travail, pour la reprise des activités professionnelles.
Malgré sa vive condamnation par la présidence de la république, l'assassinat, samedi soir, de l’opposant Zedi Feruzi, président du parti Union pour la paix et la démocratie (UPD) n'aura fait que "renforcer la détermination" de l’opposition et de la société civile à poursuivre la contestation, selon les meneurs de ce mouvement.
"Au lieu de nous démotiver, l’assassinat de Zedi Feruzi renforce notre pugnacité. Tous les Burundais vont se rendre compte qu’il n’y a pas d’autres issue que d’aller grossir les rangs des manifestants pour défendre les acquis de la démocratie", a déclaré à Anadolu, Chauvineau Mugwengwezo, leader du parti UPD.
"Il n’est plus question de négocier avec un pouvoir qui nous tue et viole allègrement le droit le plus élémentaire des Burundais à savoir
le droit à la vie", a, de son côté, confirmé à Anadolu, Gabriel Rufyiri, Président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques, (Olucome), une autre grande figure de la société civile burundaise.