AA/ Bujumbura/ Rénovat Ndabashinze
Seul un dialogue "franc et sincère" peut sauver le processus élecotral et engager le Burundi sur la voie du salut, a déclaré, dans un entretien avec Anadolu, Agathon Rwassa, chef de file de l'opposition burundaise.
Le dialogue devrait porter à la fois, sur le troisième mandat "inconstitutionnel" de Pierre Nkurunziza selon l'opposition, le désarmement des milices, la composition de la Commission Electorale Nationale Indépendante "Ceni" et la date des élections législatives et présidentielle.
La Ceni avait fixé le 26 juin pour le scrutin législatif, le 15 juillet pour la présidentielle et le 24 juillet pour l'élection des Sénateurs, reporrtant ainsi pour la deuxième fois la tenue de ces scrutins. La nouvelle modificatio du calendrier électoral a fait suite à une recommandation faite par le Sommet des chefs d'Etat de l'Afrique de l'Est, vers la mi-mai dernier, de reporter d'un mois et demi, au moins, la tenue de ces rendez-vous électoraux.
«Le mieux serait de s’asseoir ensemble et d'enclencher un dialogue afin de trouver des remèdes aux défis qui se dressent contre le processus en cours», propose le président des Forces nationales de libération (FNL), dans une déclaration à Anadolu.
Concernant, la composition de la Ceni, Agathon Rwassa appelle à une nouvelle formation de cette instance, sa composition actuelle ne remplissant plus les conditions légales requises.
"Il n’y a plus de Ceni, selon la loi qui stipule que cette instance doit-être composée de cinq membres et doit répondre à un équilibre ethnique et de genre", précise Agathon Rwasa, soulignant qu'i ne reste, aujourd'hui, que trois commissaires, tous de même ethnie Hutu et de même sexe, comme équipe de la Commission électorale.
"Cette commission n’existe plus d'un point de vue légal étant donné qu’elle doit décider aux 4/5, et que tant Spés Caritas Ndironkeye et Illiminate Ndabahagamye, deux femmes d'origine tutsi [minoritaire, ndlr], avaient remis, récemment, le tablier", poursuit Rwasa.
Mais ce dialogue, que le chef de file de l'opposition appelle de ses voeux, concernera surtout la question du troisième mandat. Point que le gouvernement burundais a exclu, bien qu'un conseiller de Nkurunziza ait déclaré que cette question ne relèvait pas d'un tabou.
"La 1ère chose qui préoccupe les Burundais dans ce pays, c’est cette ambition du président Nkurunziza de briguer un 3è mandat. Cette question doit être résolue parce qu’elle a exacerbé une situation déjà fragilisée par une pauvreté grandissante du peuple Burundais," a fait remarquer Rwasa, notant également que la question sécuritaire reste un préalable pour la bonne tenue des élections.
Sans elle, il sera "impossible pour les opposants de faire campagne, de circuler librement dans le pays et d'exercer, ainsi, leurs droits civils et politiques", rajoute le président de la Coalition des Indépendants ‘’ Amizero y’Abarundi’ (espoir des Burundais), se demandant si le désarmement des milices pro-pouvoir va réellement avoir lieu d’ici le 26 juin, date fixée pour les législatives, comme recommandé par le sommet de la Communauté est-africaine "CEA" et promis par les autorités.
Lundi, Edouard Nduwimana, ministre de l’Intérieur, avait, annoncé une opération de désarmement qui prendrait deux semaines. Une promesse "fallacieuse" selon Agathon Rwasa.
"Comment est-ce qu’une police qui ose ouvrir le feu sur des manifestants non armés peut-elle sécuriser un opposant politique comme moi ?" s'insurge Rwasa, rappelant le cas de deux opposants, Zedi Feruzi et Abdoul Nzeyimana, assassinés, respectivement le 23 mai dernier et le 2 juin, sans compter "une cinquantaine de manifestants tués depuis le 26 avril dernier", date du déclenchement des contestations contre une troisième candidature présidentielle de Pierre Nkurunziza.
«Les conditions de franchise font défaut dans la position du Gouvernement. On se fait des illusions, en croyant que cette police peut désarmer les Imbonerakure [les jeunes affiliés au parti présidentiel, ndlr] alors que le pouvoir compte, justement, sur eux pour gagner les élections », conclut-il, soulevant la question de " dizaines de milliers de réfugiés" qui doivent être rapatriés pour participer aux élections.