AA / Kiev / Nur Gülsoy
L'interdiction d'entrée en Crimée pour cinq ans est "un acte décidé par la Russie en vue d'empêcher les activités du Parlement", a indiqué le président de l'Assemblée Nationale Tatare de Crimée, Rifat Tchoubarov.
Dans une déclaration faite, dimanche, à l'Agence Anadolu, Tchoubarov a déclaré: "La politique que mène la Russie en Crimée vise à limiter les activités parlementaires des Tatars criméens. Voilà pourquoi Moscou tente d'expulser de Crimée nos collègues actuellement en fonction dans la péninsule."
"Moscou poursuit la tradition de Staline", a, pour sa part, indiqué le ministère des Affaires étrangères de l'Ukraine.
"Cette décision illogique du Kremlin est une continuation de la politique menée par Staline en vue de limiter les droits des Tatars criméens", poursuit le ministère qui a qualifié la décision russe de "résultat de la politique de la haine et du chauvinisme et de tentative d'empêcher la révolution des Criméens contre l'invasion."
Rappelant que la République autonome de Crimée demeure à l'intérieur des frontières de l'Ukraine, les diplomates ont déclaré que "tous les responsables qui ont violé le réglement ukrainien en interdisant Tchoubarov d'entrer en Crimée, seront traduits en justice, conformément aux lois de l'Ukraine."
Le ministère ukrainien a appelé la communauté internationale à se mobiliser à la suite de cette décision.
L'administration criméenne qui s'était rattachée à la Russie au terme d'un référendum, avait interdit, samedi, au président de l'Assemblée nationale tatare de Crimée, Rifat Tchoubarov, d'entrer dans la péninsule durant les cinq prochaines années, en raison de ses "activités extrémistes." Arrêté au poste de contrôle entre l'Ukraine et la Crimée, il s'était vu confisquer son passeport. Le procureur d'Etat, Natalia Poklonskaya, avait lu à Rifat Tchoubarov la "sommation" de deux pages et demi, l'accusant "d'activités radicales."