AA/Tunis/Aymen Joumli
« L’Etat doit œuvrer sans relâche à lutter contre la torture », a plaidé le président tunisien Mohamed Moncef Marzouki.
« La lutte contre la torture doit être à la fois la finalité et l’objectif ultime de l’Etat», a-t-il ajouté, mettant l’accent sur "la nécessité de mettre en place des mécanismes appropriés permettant d’assurer un suivi minutieux de ce fléau, d’identifier les tortionnaires et partant, de les traduire en justice».
S’exprimant jeudi, lors d’une cérémonie organisée par la présidence de la République à l’occasion de la célébration de la journée nationale de lutte contre la torture, le président Marzouki a affirmé que « la lutte contre la torture est un combat de longue haleine qui commande la conjonction des efforts de tous ».
Marzouki a saisi l’occasion pour présenter des « excuses officielles» aux personnes qui ont été victimes de la torture dans les prisons tunisiennes durant plus de 50 ans.
« En ma qualité de président de l’Etat qui a pratiqué la torture durant plus de 50 ans, je présente officiellement mes excuses à tous ceux qui en ont été victimes», a-t-il dit, appelant « les composantes de la société civile à faire preuve de vigilance et de prudence à l’égard de l'action de l’Etat ».
« N’ayez pas confiance en l’Etat. Ses institutions pourraient tomber entre des mains malsaines», a-t-il prévenu.
« Un Etat qui se targue d’institutionnaliser la torture n’est pas digne de respect et perd sa raison d’être», a-t-il estimé.
Depuis qu’il était président de la Ligue tunisienne de Défense des Droits de l’Homme (LTDH) en 1989, Marzouki avait plaidé en faveur de la proclamation du 8 mai de chaque année, journée nationale de lutte contre la torture.
Cette date coïncide avec le meurtre du militant politique tunisien Nabil Baraket péri sous la torture le 8 mai 1987.
Des associations civiles et de droits de l’homme accusent le ministère tunisien de l’Intérieur de continuer à pratiquer la torture au cours des interrogatoires des détenus, notamment, ceux impliqués dans des affaires de terrorisme. Ces accusations ont été constamment démenties par le ministère.