AA/ Baghdad/ Adnene Jassem
Le groupe parlementaire sunnite «Unis pour la Réforme» a appelé le premier ministre sortant Nouri Al-Maliki à «reconnaître le fait accompli», allusion faite à la désignation par le président Foued Massoum de Haydar Abadi, pour former le nouveau gouvernement.
Dhafer Al Ani, dirigeant et porte-parole du groupe présidé par l’ancien président du parlement Oussama Noujeifi, a déclaré à Anadolu, jeudi, que «son groupe ne craint ni la décision de la Cour fédérale suprême ni les menaces proférées par al-Maliki ni non plus le recours aux forces armées ou aux milices», fustigeant « toute forme de manipulation ou de dilapidation des potentialités du peuple »
Lundi dernier, al-Maliki avait annoncé qu’il envisage de formuler un recours devant la Cour fédérale contre le président de la République Foued Massoum pour avoir «violé les dispositions de la constitution et omis de le (al-Maliki) charger de former le nouveau gouvernement». il a par ailleurs appelé le président du parlement irakien à «demander des comptes au président de la République».
« Al-Maliki est d’ores et déjà devant le fait accompli. Il doit se soumettre à la volonté nationale et populaire hostile à sa reconduction au poste de la primature», soutient un communiqué d’Al Ani.
« Il ne s’agit pas d’un vœu exprimé par les sunnites ou par les kurdes mais plutôt d'une revendication chiite, émanant des chefs religieux et aussi de la communauté internationale», poursuit le communiqué d’Al Ani.
« L’attachement d’al-Maliki pour le pouvoir donnera sans doute une mauvaise réputation de sa personne ainsi que de celle de son parti », avertit la même source, faisant remarquer que « nombreux sont ceux qui ont décidé volontiers de renoncer à soutenir la candidature d’Al Maliki ».
Al Ani a formulé le souhait de voir le premier ministre sortant Nouri Al Maliki entamer des concertations sérieuses avec le premier ministre nouvellement chargé en vue de faciliter la formation du prochain gouvernement.
Dans un communiqué rendu public lundi dernier, la Cour fédérale irakienne avait résolument soutenu que « l'alliance de l’Etat de droit » duquel est issu Nouri Al Maliki, est "le groupe majoritaire au parlement". Une décision qui ouvre droit au premier ministre sortant Al Maliki de former son nouveau gouvernement.
La décision de la Cour intervient à l’heure où des groupes chiites dont des alliés d’Al-Maliki et des groupes sunnites et kurdes ne cessent d’exprimer des résistances et d'émettre des appréhensions à l’égard de la reconduction du premier ministre irakien pour un troisième mandat à la primature.
Depuis 2003, selon une répartition de facto des pouvoirs en Irak, le poste de la primature revient à un candidat chiite, la présidence du parlement à un sunnite et la présidence de la République à un candidat kurde.